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UN STRASBOURGEOIS SUR LES AUTELS : LES MUSULMANS L’ONT RAMENE A DIEU

Frédéric Manns


Charles de Foucauld, né à Strasbourg en 1858, sera bientôt vénéré comme bienheureux de l’Eglise catholique. Rien ne semblait prédisposer le vicomte de Foucauld à échanger son uniforme d’officier de l’armée française contre une robe de trappiste et une bure d’ermite. Le soldat à la vie dissolue n’a retrouvé que sur le tard la foi chrétienne. Dans une lettre de janvier 1901 il reconnaît que c’est l’Islam qui a produit en lui un profond bouleversement. La prière des musulmans qui ignore la respect humain l’a frappée et l’a amenée à s’interroger. En 1882, séduit par l'Afrique du Nord, il démissionne de l'armée et s'installe à Alger pour préparer un voyage de reconnaissance au Maroc. Il apprend l'arabe. De juin 1883 à mai 1884 il parcourt clandestinement le Maroc déguisé en rabbin et prend pour guide le rabbin Mardochée. Il risque sa vie à plusieurs reprises. A nouveau il est frappé par la foi et la prière des Musulmans. En 1886 il rentre en France, retrouve sa famille, et rédige son ouvrage intitulé : "Reconnaissance au Maroc".
Il vit en ascète et s'interroge sur la vie intérieure. Il entre dans les églises et répète cette prière : "Mon Dieu, si vous existez, faites que je vous connaisse".
Fin octobre 1886 il entre dans l'église Saint Augustin à Paris pour demander à l'Abbé Huvelin des informations sur la religion. Ce dernier lui demande de se confesser et de communier immédiatement. C'est le moment où tout "bascule". L’eucharistie a produit sa conversion.
De décembre 1888 à janvier 1889 il vient en Terre Sainte. Nazareth le marque fortement. Il se sent appelé à vivre la vie cachée de l'humble et pauvre ouvrier de Nazareth. C’est la Trappe qui lui semble le mieux convenir comme ordre religieux pour vivre son idéal. En 1890 il entre à la trappe Notre-Dame des neiges, puis part quelques mois après pour la trappe d’Abkès en Syrie. Mais il n’a pas oublié Nazareth. En 1897 le père abbé des trappistes le laisse libre de suivre sa vocation.
En mars 1897, il retourne à Nazareth où il s'engage comme portier et jardinier des Clarisses et vit dans une cabane près de leur clôture. "J'obtins la permission de me rendre seul à Nazareth et d'y vivre inconnu, en ouvrier, de mon travail quotidien. Solitude - prière - adoration - méditation de l'Évangile - humble travail". Il reste quatre ans à Nazareth. Peu à peu les clarisses et son confesseur, l'Abbé Huvelin, l'amènent à demander l'ordination sacerdotale. En 1901 il est ordonné prêtre, mais, attiré par l’idéal du désert, part bientôt au Sahara. "Continuer au Sahara la vie cachée de Jésus à Nazareth, non pour prêcher mais pour vivre dans la solitude, la pauvreté, l'humble travail de Jésus", écrit-il en 1904. En juillet 1907 il s'installe à Tamanrasset où il entreprend un travail sur la langue des Touaregs, leurs chants et leurs poésies. Il se fait aider par un homme du pays. A Tamanrasset, il est le seul chrétien et ne peut donc plus célébrer la messe puisqu'il fallait être deux au minimum. Il recevra bientôt l'autorisation de célébrer seul, mais pas de garder le Saint Sacrement. Curieusement sa béatification aura lieu durant l’année consacrée à l’eucharistie dans l’Eglise catholique.
"Mon apostolat doit être celui de la bonté. En me voyant on doit dire : 'Puisque cet homme est bon... sa religion doit être bonne'", écrit-il en 1909. C’est là le véritable sens de l’eucharistie : vivre l’amour universel après avoir communié à l’amour de Dieu pour l’homme.
"Notre anéantissement est le moyen le plus puissant que nous ayons de nous unir à Jésus et de faire du bien aux âmes", écrit-il en 1916, l’année où il est abattu par des musulmans combattant l’influence française au Sahara. L’eucharistie continue en fait l’incarnation et la kénose de Jésus. Saint François dans sa première admonition à ses frères leur rappelle que le mystère de Noël se répète chaque l’eucharistie est célébrée.
Il est vrai, aujourd’hui comme hier, que la prière est le langage compris par toutes les religions, même si aujourd’hui cette prière reste silencieuse. La musique permet également une prière commune entre personnes de différentes religions. L’attrait de la terre sainte déchirée entre les différentes religions scandalise de nombreux touristes, mais peut également ouvrir les yeux du coeur à qui cherche Dieu en esprit et en vérité.


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Created/updated: Saturday, December 8, 2001 by J. Abela ofm / E. Alliata ofm
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