Via Dolorosa - POB 19424, 91193 - JERUSALEM Tel. +972 2-6282936, +972-2-6280271, Fax: +972-2-6264519


SBF


Info

Professors

Programmes

Archaeology

Museum

Publications

Dialogue

Escursions

Pilgrims

Essays

Students

News

Memos

Latest

OECUMÉNISME ET DIALOGUE INTER RELIGIEUX

Frédéric Manns

Les derniers accrochages entre orthodoxes et latins au St-Sépulcre de Jérusalem ont rappelé au monde chrétien l'urgence du dialogue œcuménique. Ce dialogue qui est difficile en Terre Sainte est plus facile dans la diaspora. Dans certaines parties du monde il reste difficile à cause des interférences politiques. Les élections présidentielles américaines montrent à quel point l'électorat chrétien est divisé et comment les politiciens exploitent cette division. Le travail œcuménique devrait précéder normalement le dialogue inter religieux. Une analyse de la réalité américaine s'impose si l'on veut comprendre la situation actuelle. Récits bibliques et mythes fondateurs en mains, des organisations protestantes, convaincues que le Messie retournera bientôt après avoir rassemblé le peuple juif sur sa terre, soutiennent la politique américaine concernant Israël. Avant G. Bush, J. Carter et R. Reagan exploitaient déjà la rhétorique protestante qui choque les européens habitués à la séparation de l'Eglise et de l'Etat. God bless America. Quoi de plus innocent.
L'Apocalypse de Jean prophétisait, on se le rappelle, que mille années de captivité pour Satan, seraient suivies de mille années de règne terrestre du Christ. Ce retour du Messie hante les milieux protestants. Bien que le peuple juif n'ait pas reconnu le Christ lors de sa première venue, la promesse de Dieu faite à Israël reste valide. Les fils de Jacob qui étaient descendus en Egypte n'avaient pas reconnu leur frère Joseph la première fois, mais ils le reconnurent lors de la deuxième descente en Egypte.
Le rétablissement d'Israël alimente le sionisme chrétien qui représente un lobby pro-israélien très puissant. Ce sionisme chrétien médite les mythes fondateurs de l'Amérique. Lorsqu'ils quittèrent l'Angleterre, les Puritains anglais connaissaient bien les récits de la Genèse et les Psaumes. Persécutés par la monarchie, comme le peuple hébreu l'avait été par Pharaon, ils émigrent en Amérique, la Terre promise. Ils sont conscients d'être le nouveau peuple élu. Leur victoire sur les tribus indiennes ressemble à celle remportée par Israël contre les Cananéens. Les immigrés du Nouveau Monde voient en Israël un guide et un modèle. Dieu leur a confié la mission de régénérer le monde et d'y préparer l'avènement du Christ.
Pour les sionistes chrétiens, le Messie reviendra après avoir rassemblé le peuple juif en Israël. C'est là qu'aura lieu la bataille finale, annoncée dans l'Apocalypse, entre Dieu et les forces du Mal dans la plaine de l'Armageddon, près de Meggido. Le Messie reviendra lorsque tous les juifs seront revenus dans leur terre. Là ils se convertiront au christianisme, sous peine de périr.
L'Amérique évangélique est hypnotisée depuis quelques temps par une feuilleton publié par le pasteur Tim La Haye qui a pour titre Armageddon. Le récit débute avec la disparition d'une centaine de passagers du vol Chicago-Londres et illustre le thème de l'Enlèvement cher aux fondamentalistes, pour qui une minorité d'élus montera au Ciel sans connaître les souffrances qui précéderont le retour du Christ.
Ce syncrétisme opéré entre mythes fondateurs et lecture millénariste de l'Apocalypse est exploité par les politiciens. Depuis de nombreuses années, lors de la fête juive des Tentes, les sionistes chrétiens organisent des pèlerinages en Israël avec la célèbre marche de Jérusalem. En 1977, sous la présidence de Begin, les juifs ultraorthodoxes et les évangéliques américains ont noué une sainte alliance. Quelques années plus tard, des protestants ont fondé à Jérusalem, en 1980, l'Ambassade chrétienne internationale. Ils soutiennent l'émigration des juifs russes en Israël, financent des colonies en Cisjordanie et à Gaza. En 2002, le journal Haaretz désapprouvait cette sainte alliance et la définissait comme nuisible à la paix.
Beaucoup d'organisations protestantes soutiennent la politique de Sharon, l'homme de paix, comme l'a défini George Bush en 2002. Au début des années 2000, des millions de protestants américains se disaient convaincus que les revendications en faveur d'Israël reposent sur une légitimité divine fondée dans les prophéties bibliques. Des méthodistes américains vont jusqu'à prêter leurs Eglises aux Juifs pour la fête de Kippour.
Certes, les protestants ne sont pas tous du même avis. Ils n'ignorent pas la souffrance des chrétiens arabes que certains tentent de soulager. Mais la droite protestante continue à orchestrer les thèmes agressifs: Jerry Falwell définit le prophète Mahomet de terroriste, Pat Robertson présente l'islam comme l'Antéchrist. La liste pourrait être allongée facilement.
Le dialogue inter religieux a tout à gagner du dialogue œcuménique. Tant que les chrétiens seront divisés et que certains feront une lecture fondamentaliste des Ecritures, il sera facile aux politiciens d'exploiter la religion et de la mettre à leur service.


 SBF main, Dialogue

Dialogue


Articles

Symposia

cyber logo footer
Please fill in our Guest book form - Thank you for supporting us!
Created/updated: Saturday, December 8, 2001 by J. Abela ofm / E. Alliata ofm
This page makes use of Javascript and Cascading Style Sheets - Space by courtesy of Christus Rex
logo