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LES RELIGIONS SONT-ELLES SOURCES D’INTOLERANCE ?

Frédéric Manns


Trois faits récents sont à l’origine de cette réflexion. La violence éclate de nouveau entre druzes et chrétiens dans un village de Galilée. Les injustices commises aux chrétiens renvoient à des attitudes moyenâgeuses. En France le premier ministre vient de donner le coup d’envoi des commémorations du centenaire de la loi de séparation entre les églises et l’Etat. Un Etat moderne pluriculturel doit respecter toutes les religions. Jean-Paul II, pour sa part, a adressé aux évêques français une lettre dans laquelle il reconnaît la nécessité d’une juste séparation des pouvoirs tout en appelant les chrétiens à prendre la parole publiquement pour manifester leurs convictions.

L’Orient est loin d’admettre cette séparation du religieux et du politique. Pourquoi la violence au nom de Dieu en Irak, au Soudan et en tant d’autres parties du monde? Sans doute, dans beaucoup de cas s'agit-il d'une réaction radicale contre une modernité sans Dieu jugée oppressante, contre des idéologies séculières, laïques, contre la permissivité morale identifiée aux normes sociales de l'Occident.

Les religions ne sont pas en soi des systèmes d'intolérance. Les comportements religieux radicaux des milieux islamistes ne représentent pas le véritable islam.  Un ami juif  me confiait que le judaïsme est en train de vivre un processus de rédemption mais qu’il doit  répondre à la violence par la violence, même de façon préventive, car  le livre de l’Exode  affirme que les Israélites quittèrent l’Egypte  armés de pied en cap. Il est certain que tous les fondamentalismes se valent dans l'excès et qu'il est important de les contenir.

Les religions ont rempli plusieurs fonctions  dans le passé : assurer l'éthique, l'enseignement, l'action sociale et la justice. La plupart de ces fonctions sont prises en charge par les Etats modernes. Les religions peuvent intervenir, librement dans le domaine qui leur est propre, ou en liaison avec les instances laïques dans les autres domaines en fonction du degré de sécularisation atteint par chaque pays.

Bien des problèmes soulevés par des fondamentalistes ne sont que des retards pris par des hommes dans leur évolution propre, alors que les sociétés ne peuvent que suivre la loi universelle de l'évolution. Les dérives fondamentalistes sont souvent les dernières réponses violentes à un phénomène d'effritement généralisé des croyances allant de pair avec la montée de l'individualisme.

La violence des fondamentalistes se nourrit souvent à d’autres formes de violences. Un récent rapport de l'Observatoire national de la délinquance en France souligne que la violence croît chaque jour dans le monde. Les atteintes volontaires à l'intégrité physique exercées par les mineurs ont augmenté ces dernières années. Les jeunes générations n'étaient pas dans le passé une menace pour les personnes âgées. La loi du plus fort tend à s’imposer de nouveau.

Il y a plusieurs types de violences dans nos sociétés. La première, c'est l'insulte. Les enfants insultent les parents, et les parents s'insultent entre eux. La courtoisie a disparu de beaucoup de milieux. L'insulte est le virus de la violence.

Il existe une autre violence à laquelle sont soumis les jeunes. Jadis, on pouvait rêver à un monde meilleur. Aujourd'hui, la télévision et Internet font désirer et exiger. Comment conquérir son rêve quand celui-ci est visible? On propose aux jeunes une image idéale de soi, alors qu'ils doivent se construire eux-mêmes. L’impossibilité d'avoir et d'être ce qu'on leur montre entraîne des comportements d'agressivité.

La violence sexuelle des jeunes vient aussi du climat d'insécurité sexuelle dans leur famille: souvent le violeur est le père, le beau-père ou le grand-père. L'agressivité actuelle découle de toutes ces différentes violences.

Le problème fondamental est d'étudier les moyens et les médias à utiliser pour faire évoluer les traditions et surtout pour développer l'enseignement, y compris et surtout celui du fait religieux. Les hommes ont été en mesure de prendre en main leur destin. Force est de faire évoluer l'organisation des sociétés afin que les rôles de chacun soient bien définis et respectés.

Il y a toujours deux tendances en chaque religion. La religion prêt-à-croire, le prêt-à-porter de la pensée religieuse, et le niveau mystique. Autrement dit, la religion du rabbin, de l’imam ou du prêtre et la réflexion des sages, la religion qui répond à une question, qui y répond mal, et qui, si on n'arrive pas à y croire, culpabilise, et la religion qui demande de chercher encore. C'est la seconde qui permet l’épanouissement. Le pluralisme religieux des sociétés modernes tend à relativiser beaucoup d’affirmations religieuses, mais doit trouver une réponse aux problèmes de la violence moderne.


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Created/updated: Saturday, December 8, 2001 by J. Abela ofm / E. Alliata ofm
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