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PAUL 6 PROPHÈTE DU DIALOGUE INTERRELIGIEUX

Frédéric Manns


La prière pour l’unité des chrétiens renvoie au dialogue interreligieux : « Qu’ils soient un, afin que le monde croie ». Les rencontres de prière œcuménique de Jérusalem ont montré à tous les participants que l’Eglise a deux poumons, l’Orient et l’Occident. Aux croyants et aux non-croyants ces rencontres rappellent par ailleurs l’urgence du dialogue interreligieux. Paul 6, dans son encyclique Ecclesiam Suam (ES), datée de 1964, l’année de son pèlerinage à Jérusalem, a fait du dialogue une catégorie théologique.

Pour la première fois, il y a quarante ans, ce mot apparaissait  dans un document pontifical. Le pape définit ainsi l'attitude de l'Église : « L'Église doit entrer en dialogue avec le monde dans lequel elle vit. L'Église se fait parole. L'Église se fait message, l'Église se fait conversation » (ES 67).

C’est d'un « dialogue du salut » qu’il s’agit. De cette expression le pape trouve des fondements dans la structure dialogale de la révélation chrétienne :

« Voilà l'origine transcendante du dialogue. Elle se trouve dans l'intention même de Dieu. La religion est de sa nature un rapport entre Dieu et l'homme. La prière exprime en dialogue ce rapport. La révélation, qui est la relation surnaturelle que Dieu lui-même a pris l'initiative d'instaurer avec l'humanité, peut-être représentée comme un dialogue dans lequel le Verbe de Dieu s'exprime par l'Incarnation, et ensuite par l'Évangile (...) C'est dans cette conversation du Christ avec les hommes que Dieu laisse comprendre quelque chose de lui-même, le mystère de sa vie, strictement une dans son essence, trine dans les Personnes ; c'est là qu'il dit finalement comment il veut être connu : il est Amour » (ES 72).

 Le monde occidental est entré dans une ère que tous les observateurs désignent comme plurireligieuse. Il n’est pas besoin d’être un grand clerc pour découvrir à sa porte un «melting-pot » de races, de religions et de cultures qui effraie souvent et commande encore trop d’attitudes de défense.

Le dialogue interreligieux n’est pas un front uni des religions contre le monde sécularisé, ni contre les nouveaux incroyants. Il n’exclut pas la rencontre entre  laïcs  et croyants. Dans le dialogue il y a place pour la rencontre entre humanisme laïc et humanisme religieux. Impossible de s’enfermer dans son propre monde et de poursuivre tout droit son propre chemin. La démarche interreligieuse commence lorsqu’on est capable d’approcher les autres en dépassant les craintes et les préjugés, avec le souci de les connaître, de les respecter et de les estimer.

L’enjeu du dialogue interreligieux, qui n’est pas un simple débat, consiste précisément à dépasser les préjugés. Le dialogue n’est pas une manière de se persuader d’être dans son bon droit et de considérer les autres dans l’erreur. Il n’est pas un effort pour persuader les autres à se convertir à sa propre religion. Dans le dialogue interreligieux, la conversion retrouve son sens originel : il s’agit pour chacun de se convertir, de  retourner  vers Dieu.

Le dialogue interreligieux se veut une rencontre personnelle entre croyants de différentes religions, dans une atmosphère de liberté, d’ouverture et d’écoute. Il est un long apprentissage car il n’est jamais facile d’accepter de recevoir quelque chose des autres, surtout quand l’on est persuadé de détenir la vérité. Il ouvre la voie à une véritable ascèse.

En effet, dans le dialogue, chacun vérifie par soi-même les exigences de la vérité dont il se réclame. Chacun se basant sur sa propre vérité, il est possible d’approfondir sa propre vérité et peut-être même partager une vérité supérieure qui déborde les vérités partielles dont chacun témoigne .

Le document Dialogue et Annonce (DA) publié par le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et la Congrégation pour l’évangélisation des peuples en 1991 indique le niveau véritable de la rencontre :

«  Le dialogue interreligieux ne tend pas simplement à une compréhension mutuelle et à des relations amicales. Il parvient à un niveau beaucoup plus profond, celui-là même de l'esprit, où l'échange et le partage consistent en un témoignage mutuel de ce que chacun croit et une exploration commune des convictions religieuses respectives. Par le dialogue, les chrétiens et les autres sont invités à approfondir les dimensions religieuses de leur engagement et à répondre, avec une sincérité croissante, à l'appel personnel de Dieu et au don gratuit qu'il fait de lui-même, par la médiation de Jésus Christ et l'œuvre de son Esprit » (DA 40).

« Étant donné cet objectif, à savoir une conversion plus profonde de tous à Dieu, le dialogue interreligieux possède sa propre valeur. (...) La dialogue sincère implique d'une part que l'on accepte l'existence de différences et même de contradictions, et d'autre part que l'on respecte la libre décision que les personnes prennent en accord avec les impératifs de leur conscience (DA 41) ».

Le dialogue interreligieux est bien davantage qu’une simple tolérance entre croyants. Pour un chrétien, croire que Jésus-Christ est « la vérité » (Jn 14, 6) c’est accepter d’être en chemin avec d’autres qui croient autrement. Pour avoir une intelligence plus juste de cette vérité. C’est là le véritable enseignement de Jérusalem.



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Created/updated: Saturday, December 8, 2001 by J. Abela ofm / E. Alliata ofm
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