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LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX À L’HEURE DE LA CIVILISATION NUMÉRIQUE

Frédéric Manns


DU 30 octobre au 1 novembre 2005 le Centre pour l’étude du Christianisme de l’Université hébraïque en collaboration avec la Fondation Jean XXIII pour les sciences religieuses de Bologne a voulu marquer le quarantième anniversaire de Nostra Aetate à Jérusalem. Sont intervenus successivement pour l’ouverture du symposium le doyen de la Faculté des Humanités, Steven Kaplan; le responsable du centre pour l’étude du christianisme Guy Stroumsa et le représentant du centre de Bologne Alberto Melloni. Une table ronde conclut ces journées de reflexion autour du Cardinal Kaspers, de Enzo Bianchi de Bose, du Professeur Zvi Werbloswski et du rabbin D. Rosen. Quel sens peut avoir une telle discusssion sur le passé à l’heure de la civilisation numérique?

Le monde de la technologie est-il au service de l’homme ou celui-ci en est-il devenu l’esclave ? Le débat remonte à Prométhée. A défaut de le trancher, il est urgent de réfléchir aux changements rapides que nous traversons avec l'électronique, Internet et les techniques modernes. Certains se demandent si la civilisation numérique dans laquelle nous entrons, est encore une civilisation? Ce qui est clair c’est qu’elle a besoin d’un supplément d’âme qui peut être fourni par les religions monothéistes. Le retour sur le passé doit aider à ne plus répéter les erreurs fatales commises jadis.

Les inquiétudes sur les menaces du monde technocrate sont légitimes. Les dérives sécuritaires de la société informatisée sont connues. Au nom de la sécurité il est possible de tout écouter, de tout enregistrer et de tout infiltrer. On assiste, depuis la surprise du 11 Septembre, à une volonté générale de surveillance. Que va-t-il rester du droit à la privacy? Les ordinateurs et les téléphones portables sont controlés à un point inimaginable.

A côté de ces inquiétudes légitimes, la civilisation numérique fait renaître cependant des espoirs. Les identités anciennes se perdent, mais il en émerge des nouvelles. La technologie permet de trouver les gens qui ont les mêmes intérêts. Elle permettra à de nombreux surfeurs qui ont abandonné leur religion de se poser des questions et de revenir à l’essentiel: quel est le sens de cette aventure?
Est-il vrai que le numérique nivelle les différences et les cultures. Ce jugement hâtif est faux, car si la numérisation se déploie partout, les cultures résistent, parce qu'elles peuvent s'exprimer sur le Réseau et s'y enrichir. C’est là qu’entre en jeu le dialogue interreligieux sur Internet.

A fréquenter les sites qui présentent le judaïsme, le christianisme et l’Islam on se rend compte que certains sites sont polémiques et agressifs. Ils affirment l’identité religieuse de façon trop caricaturale. Ils se posent en s’opposant.
Que peut apporter au monde de la technique la rencontre des juifs, des chrétiens et des musulmans au moment où une civilisation planétaire se dessine au milieu des conflits et des oppositions, des échanges et des replis. Il n'est pas sans importance que le dialogue entre les juifs, musulmans et chrétiens intervient en cette période critique de grands bouleversements, aux conséquences imprévisibles. On peut se demander comment des religions, que l'histoire a à ce point séparées, peuvent joindre leurs forces pour contribuer au rassemblement des cultures.

Ce qui est en jeu dans le dialogue interreligieux c’est le sens de la révélation. Car la relation à l'ensemble de l'humanité est inscrite à l'origine de la révélation judéo-chrétienne. La bénédiction donnée à Abraham concerne tous: "En toi se béniront toutes les nations de la terre" (Gen 12, 3). Même si les musulmans ont une définition différente de la révélation, ils sont cependant interpelés par ce dialogue des fils d’Abraham.

Le problème de la mondialisation interpelle tous les croyants. La responsabilité, confiée par la parole de Dieu, aux juifs, musulmans et chrétiens, chacun selon son appel et sa tradition propre, est d'amener l'humanité à la conscience de son unité et de sa vocation. L'humanité, comme l’affirme la tradition judéo-chrétienne a été créée par Dieu "à son image et à sa ressemblance" (Gen 1, 26). L’homme en tire une dignité unique qu’aucune technique ne pourra lui arracher.

Juifs, musulmans et chrétiens, en se rencontrant et en mesurant leurs différences, peuvent mieux comprendre ce qui leur est donné comme évidence fondatrice : révéler à une humanité fractionnée l'appel à l'unité, plus grande que sa diversité. Les conséquences politiques de cette recherche de l’unité perdue sont évidentes.

La réflexion sur Nostra Aetate devrait nous rappeler que l’histoire est maîtresse de vie. Retrouver les racines communes des religions pourrait contribuer à développer un enseignement sur l’humilité de Dieu et le respect de l’homme.



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Created/updated: Saturday, December 8, 2001 by J. Abela ofm / E. Alliata ofm
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