Via Dolorosa - POB 19424, 91193 - JERUSALEM Tel. +972 2-6282936, +972-2-6280271, Fax: +972-2-6264519


SBF


Info

Professors

Programmes

Archaeology

Museum

Publications

Dialogue

Escursions

Pilgrims

Essays

Students

News

Memos

Latest

UN GÉANT DU DIALOGUE: JEAN-PAUL II

Frédéric Manns

Une émotion mondiale répond à la mort de Jean Paul II. Empreinte de ferveur et de reconnaissance cette émotion s'exprime sur tous les continents.  Bien peu d'observateurs auraient imaginé que les deux principales chaînes de télévision arabes, Al-Jazira et Al-Arabiya, puissent couvrir en continu l'agonie de Jean Paul II. Même le premier ministre d'Israël, Ariel Sharon, a rendu hommage , dimanche le 3 avril, à Jean Paul II lors l'ouverture de la session de la Knesset.  Il a salué sa mémoire comme celle d'un homme de dialogue.  Israéliens et Palestiniens expriment leur admiration devant un homme qui a prêché toute sa vie la réconciliation entre les peuples et a su demander pardon pour les péchés commis par les membres de l'Eglise dans le passé. 
Jean Paul II, condamné à l'infirmité et  à l'aphasie, acceptant de montrer ses limites physiques et sa souffrance, a indiqué encore un autre sens à sa mission : il se voulait proche des malades, des handicapés et des agonisants. C'est un renversement symbolique de la hiérarchie d'un monde qui ne comptabilise que les sportifs, les mannequins, les hommes d'affaires efficaces, les critères de l'esthétique, du profit et du pouvoir. La volonté de puissance de l'homme n'a pas le dernier mot.  Tout homme devra rendre compte à Dieu de son activité.
Le souvenir de la figure d'un pape universel est encore présent à tous les esprits. Tout au long de son pontificat  il s'est appliqué à parcourir le monde (104 voyages internationaux et 146 voyages en Italie), mondialisant ainsi son message. Il a reçu 1000 chefs d'Etat et diplomates en fonction pendant les 26 ans de son pontificat.
Mais les voyages n'auraient pas suffi à porter sa parole sans la puissance de son verbe, la conviction et la fermeté de son propos. Le"N'ayez pas peur" proclamé au début de son pontificat résume bien son message.  Et les médias, fascinés par cette personnalité, ont largement diffusé l'image de ce pape devenu très vite icône d'un peuple universel en manque de repères et de Père. Il a su annoncer avec conviction la parole de Dieu, même si elle a été rejetté par le monde. Il a accompli sa mission avec courage. Aucun des geignards qui le critiquent n'arrive à sa cheville.
La vague d'émotion qui accompagne sa disparition peut surprendre. Mais c'est parce que l'on a oublié que le pape, dès le début de son pontificat, en 1978, a voulu repousser les frontières qui ont séparé les hommes et les peuples tout au long du XXe siècle. Ce pape qui a connu de près le communisme n'a eu de cesse de travailler à promouvoir le respect des droits de l'homme et d'aider à l'effondrement des murs.
Pape éminemment politique et religieux, Jean Paul II a rapidement  débordé les frontières en cherchant à cultiver un dialogue interreligieux sans précédent. C'est aussi de cela que se souviennent aujourd'hui, dans leurs manifestations de sympathie, les non-catholiques. La radio d'Israël a évoqué  ces jours-ci sa visite à Yad washem, son billet déposé au mur occidental et  ses nombreuses visites dans les synagogues, à commencer par celle de Rome.  L'évêque de Rome allait ainsi les mains largement tendues vers les autres. Le monde entier s'en saisit aujourd'hui et lui rend un hommage à sa mesure : universel.
A l'heure où les fondamentalismes s'affichent publiquement,  il est heureux d'entendre une voix chrétienne rappeler le message des Béatitudes.  En Orient  le «djihad» a contribué à rapprocher les évangéliques de G. Bush d'une «mission» pour «débarrasser le monde du mal». «Dieu est plus grand que l'Amérique», lui réplique Ben Laden, tout à sa haine de l'Occident chrétien. Un parfum de fin du monde qui ravit les nombreux évangéliques prémillénaristes, persuadés que le tumulte actuel annonce l'imminence de l'Apocalypse décrite par saint Jean. D'après la Bible, le Bien et le Mal se livreront une ultime bataille à Armageddon. La réalisation de la prophétie suppose que le Messie soit revenu sur terre auprès des juifs, qui l'attendent. Toute une frange évangélique - dont Pat Robertson, pour lequel l'islam est l' «Antéchrist» - milite ainsi en faveur de l'avènement du Grand Israël, prélude nécessaire au retour du Messie. Ces born again sionistes, qui soutiennent le Likoud, financent des colonies en Cisjordanie et à Gaza et arpentent chaque année par milliers les ruelles de Jérusalem, ont trouvé en George Bush leur champion. Dans ce contexte apocalyptique la réconciliation  accompagnée du pardon mutuel devient  urgente.  Ce fut le mérite de Jean-Paul II de l'avoir rappelé au monde.
Les prophètes ne sont pas toujours aimés et pourtant ils réveillent les consciences de leur torpeur tellurique. L'Eglise n'a jamais prétendu être une démocratie. Elle n'a sans doute pas à conformer son mode de fonctionnement sur les modèles politiques de la société civile. Il semble à beaucoup d'observateurs que son système pyramidal soit en décalage avec la pratique des Etats modernes où croissent les requêtes d'autonomie, de responsabilité, de délibération et de participation. Si elle veut critiquer les régime spolitiques, l'Eglise se doit de maintenir son identité.
On disait le christianisme moribond, vaincu par la modernité et son rationalisme triomphant. Dieu est mort, affichaient certains auteurs. Sans doute, mais il a la fâcheuse habitude de ressusciter le troisième jour, disait Paul Claudel.


 SBF main, Dialogue

Dialogue


Articles

Symposia

cyber logo footer
Please fill in our Guest book form - Thank you for supporting us!
Created/updated: Saturday, December 8, 2001 by J. Abela ofm / E. Alliata ofm
This page makes use of Javascript and Cascading Style Sheets - Space by courtesy of Christus Rex
logo