![]() | ![]() |
|
|
Echos de Terre Sainte |
Stalactites et stalagmites dune grotte du Soreq
Une étude sur les stalactites et les stalagmites dune grotte du Soreq, près de Beit Shemesh, a permis de se rendre compte du changement dans le climat et les précipitations, pour la région de la Méditerranée orientale, au cours des 58 000 dernières années. "Les changements climatiques de lantiquité se reflètent dans la forme quont pris les stalactites et les stalagmites, dans leur développement", affirme un homme détude israélien du département des sciences, Aharòn Kaufmann. Les chercheurs israéliens, en se servant du microscope électronique ont agrandi jusquà 120 fois la circonférence des anneaux des stalactites et des stalagmites. Comme pour le tronc des arbres, les anneaux qui, dans ce cas-ci, se forment tous les cent ans nous donnent lâge de ces concrétions calcaires. En partant de lanalyse isotopique de plus de cent spécimens, les chercheurs disposent alors dun tableau des divers changements de climat, survenus dans la région. Létude a démontré que durant la période comprise entrelan 58 000 et lan 20 000, le climat fut sec et froid. Par la suite, on enregistre des fluctuations dans les précipitations annuelles. Mais à partir de 4 000 av. J.-C., les conditions climatiques deviennent pratiquement celles que nous connaissons aujourdhui. La grotte de la vallée du Soreq dont il est ici question se situe à 23 km au sud-ouest de Jérusalem, près de la ville de Beit Shemesh. Il est question de la vallée du Soreq au temps des Juges. Cétait le chemin stratégique par où les Philistins sinfiltraient dans la région israélite. Dans cette zone Samson captura 300 renards, les lia queue contre queue avec des torches, y mit le feu et les lâcha dans les récoltes des Philistins, incendiant les gerbes de grain, les vignes et les oliviers (Jg 15,4).
Daprès un article de Libero Cruciani, ofm
Elle nest pas facile, la cohabitation!
Sur une population de 135 millions à grande majorité musulmane, au Pakistan, les catholiques ne comptent que pour 2%. Cependant il semble quil y en ait encore trop pour les musulmans. Dans un recensement récent, on a exigé dindiquer la religion professée. Cétait une façon de mettre les non-musulmans dans une situation où lon menace de réduire encore leur présence. La législation, faisant appel au Coran, punit de mort les offenses faites à lislam. Le P. Giancarlo Politi, directeur de la revue Monde et Mission , sexprime de la façon qui suit. On parle de loi, quand en fait il sagit souvent de résoudre des revendications de terrains ou dautres questions privées; on ne produit pas de preuves pour condamner quelquun pour blasphème. Il suffit quun musulman déclare quune certaine personne a blasphémé. Cest dans un tel contexte que sest produit le fait suivant. Un voisin avait dénoncé Ayud Masih, un jeune homme de 15 ans, en soutenant lavoir entendu prononcer léloge de lécrivain anglo-indien Salman Rushdie. On sait que cest contre cet auteur que les ayatollahs iraniens ont prononcé la condamnation à mort (fatwa), jamais révoquée depuis. La cour, en conséquence, avait condamné à mort le jeune chrétien. Lévêque de la ville pakistanaise de Faisalabad, président de la Commission pour les droits humains de la Conférence épiscopale du Pakistan, Mgr John Joseph, a réagi avec une détermination à toute épreuve. Précédemment, il avait fait la grève de la faim, dabord en 1992, pour désapprouver la loi du recensement; puis en 1994, pour protester contre lhomicide dun chrétien, accusé de blasphème. En 1995, il sétait insurgé contre le procès dun garçon de 14 ans, qui par la suite fut exonéré de tout blâme. Souvent il avait eu lappui de musulmans au jugement intègre. Dans le cas dAyud, Mgr John Joseph, le 6 mai 1998, avait dirigé une veillée de prière; puis il était entré au tribunal de Sahiwal, où la cour avait émis la sentence du 27 avril précédent. Il aurait demandé au curé qui laccompagnait de séloigner; puis il se serait tiré un coup de pistolet dans la tête: telle était la version officielle. Mais un évêque du Pakistan a voulu en savoir davantage. En fait il sagissait dun homicide et non dun suicide. De toute façon, les catholiques du Pakistan ont retenu que cette mort était celle dun martyr. Les évêques dAsie, réunis récemment en Synode à Rome, ont prié ensemble et ont offert une minute de silence pour le sacrifice du prélat. Il faut ajouter que, dans les jours suivants, la cour a révoqué la condamnation à mort dAyub.
Jacques Levantin, ofm
A propos de la Primauté du Pape
Il y a de cela trois ans, le pape Jean-Paul II avait surpris tout le monde en faisant, dans son encyclique Ut unum sint, linvitation suivante: "Jécoute les requêtes qui mont été adressées pour trouver une forme dexercice de la Primauté, ouverte aux nouvelles situations, sans pour autant renoncer à lessentiel de ma mission". Cette invitation inespérée a suscité, dans le monde chrétien, des réactions de tout genre. Lune des plus significatives est celle de Mgr Georges Khodr, métropolite grec-orthodoxe du Mont Liban qui se demande ce qui suit: "Comment nous comporter en face du dogme romain de la Primauté papale, qui heurte notre conception du gouvernement de lÉglise? Nous ne prétendons pas que lÉglise latine puisse annuler le concile Vatican I, qui a promulgué linfaillibilité du pape; pourtant il nest pas concevable que nous, les orthodoxes, nous lacceptions à laveuglette." Et le métropolite orthodoxe propose une solution intermédiaire. Il y a une distinction entre les sept premiers conciles oecuméniques qui se sont terminés au VIIIe s. et qui furent communs aux deux Églises, lorientale et loccidentale, et les conciles postérieurs qui eurent lieu en Occident, sans la participation de lÉglise orthodoxe, comme cest le cas du concile Vatican I. Le résultat de cette distinction, ajoute Mgr Khodr, serait que les décisions des conciles de lÉglise latine obligeraient seulement les fidèles de cette Église; et nobligeraient pas lÉglise qui y était absente. Les décisions et les dogmes, proclamés dans les conciles latins, comme la Primauté de lévêque de Rome, obligeraient uniquement, en cas dunion, les membres de lÉglise romaine. Le métropolite orthodoxe terminait en disant quautrefois les Églises témoignaient de beaucoup de patience les unes à légard des autres. Fr. Florent, ofm
Le couvent franciscain du Saint Sépulcre
Il y a plus dun an, on célébrait le 30e anniversaire du couvent des franciscains, à lintérieur du Saint Sépulcre. Une dizaine de religieux peuvent y loger. Cest un couvent en miniature. Les chambres mesurent 3,85 m sur 3,50 m. Lair y pénètre par une petite lucarne. Le plafond du réfectoire incommode ceux qui sont de haute taille. Il faut noter que, si les franciscains sont gardiens au Saint Sépulcre, depuis sept siècles, ils nont ce couvent réduit que depuis 1967 et se rappeler quavant lintervention de lempereur dAutriche, François Joseph Ier en 1870, les franciscains étaient réduits à la galerie de la rotonde. Ils navaient aucune place pour prendre lair et pas même lespace quil faut pour quelques chambrettes. On avait fait pression auprès du Wakf, lorganisme islamique, propriétaire des terrains et édifices dintérêt public. Rien à faire. En novembre 1869, Sa Majesté lempereur François Joseph vint visiter les Lieux Saints. Au Saint Sépulcre, il assis ta à la messe et accepta linvitation du P. Serafino Milani, le Custode de Terre Sainteà prendre le petit déjeuner avec les franciscains. Le P. Custode en profita pour lui demander dintervenir auprès du sultan de Constantinople, Abd-ul-Aziz Khan, afin quil concède aux franciscains la possession dun morceau de terrain adjacent. Lempereur promit son appui. Dans lespace de quatre mois, la requête fut accordée. La concession de la propriété eut lieu le 5 octobre 1870. Les frères eurent alors quelques mètres carrés pour prendre lair. Quand on voulut aborder un projet dhabitation en 1960, le P. Custode, le P. Corbo et le P. A. Rock intervinrent auprès du gouverneur de Jérusalem, le muhafez, pour obtenir le permis de construire. Lorganisme islamique protesta. Mais le P. Rock, défenseur du "statu quo" eut gain de cause. Le 2 décembre 1967 eut lieu la bénédiction du petit couvent. Le couvent actuel possède une minuscule terrasse terminée par un monumental clocher ajouré qui abrite trois cloches. A 23h30, à lheure des Matines, ce sont les grecs qui commencent le concert des cloches; un peu après suivent les cloches des franciscains; puis viennent celles des Arméniens. Dans la nuit du samedi au dimanche, la sonnerie est anticipée à 23h, car la basilique ouvre alors à 22h45. Mais la succession des cloches, elle, suit la même séquence.
Renseignements fournis par le P. Armando Pierucci, ofm
La sculpture de Zacharie à la Visitation de Aïn Karem
Le pèlerin qui gravit les marches qui conduisent au sanctuaire de la Visitation à Aïn Karem, sil jette un regard sur la gauche, ne pourra manquer de voir une énorme statue. A première vue, on pourrait croire à un bonhomme de carnaval. Mais il nen est rien. Il sagit du prêtre Zacharie, le père de S. Jean Baptiste. Il a bien sa place, près dun sanctuaire qui rappelle la visite de Marie à sa cousine Elisabeth. La monumentale statue est loeuvre du P. Francisco Fernandez Gutiérrez, ofm, du diocèse de Séville, venu en Terre Sainte, il y a huit ans. Sur place, il avait bien fait une première esquisse; mais de retour en Espagne, constatant quil avait perdu son premier dessin, il se fia à sa mémoire et à son oeil. La statue qui en résulta dépassait le premier projet dun bon mètre. Au total, elle mesure trois m. Près delle, le pèlerin a lair dun pygmée. Pour la réaliser, il a fallu 600 kg de ciment, 3 000 kg de sable, 4 000 kg de pierre, 150 kg de fer et cinq bons mois de travail. S. Zacharie fut puni pour son manque de foi; aujourdhui, pour déplacer sa statue à la Visitation, il faudrait une foi à transporter les montagnes. Dailleurs, point besoin de la déplacer! Lors de la bénédiction de la statue en mars dernier, le P. Charles Cecchitelli, ancien Custode de T.S., fit la description qui suit. "La statue caractérise bien ce site. Le vêtement des prêtres dIsraël que porte Zacharie et lencensoir quil tient en main cadrent , dans leucharistie, nous offrons le fils de Dieu, ce Soleil qui den haut est venu nous visiter."
(Fr. Armand, ofm)
Une date quil faut changer: la source du Gihon
Les récentes découvertes archéologiques près de la source du Gihon ont montré que le complexe et le système hydraulique articulé, jusquici attribués aux conquérants israélites, remontent au moins à 800 ans auparavant. La source du Gihon (de lhébreu "jaillir") est le principal point deau de Jérusalem: chaque jour, elle déverse de 200 à 1400 m3 deau. Les archéologues du département des antiquités affirment que le fameux puits de Warren (daprès lexplorateur Charles Warren qui le découvrit en 1867) nétait qu une fissure naturelle qui na rien à voir avec le système hydraulique. Le puits, profond de 15 m, est accessible grâce à un tunnel. On croyait jusquà maintenant que cétait le chemin utilisé par les anciens pour sapprocher de leau du Gihon, à lintérieur des murs. Les fouilles des derniers mois ont mis au jour un autre tunnel qui longeait la conduite deau et permettait aux résidents de la ville de se rendre près de la source. Contrairement à ce quon croyait, la source était solidement fortifiée par une tour et des murailles construites avec des pierres de trois tonnes.Le Dr Ronny Reich, qui a dirigé les fouilles avec Eli Shuikrun, affirme que tout ce système interne a été construit, à la façon dun complexe unique, par les Cananéens à lâge du bronze moyen, autour de lan 1800 av. J.-C. "Pour ce qui est de la cité de David, il nous faut repenser tous les concepts que nous nous sommes mis en tête au dernier siècle", signale Reich. On présume que le système deau était déjà en fonction, quand la ville, habitée par lesJébuséens, fut prise par David, autour de lan 1000 av. J.-C., selon la datation historique conventionnelle. De même les céramiques trouvées au cours des dernières recherches, permettent de faire remonter le mécanisme hydraulique aux Cananéens, 800 ans avant la conquête de David. Les fouilles, au bas de la pente orientale, ont révélé lexistence dun mur fortifié à lâge du bronze moyen. Ce qui fait penser que cette zone se trouvait à lintérieur des murs de défense et non à lextérieur. En réalité, la Jérusalem des Cananéens était presque deux fois plus grande que ce quon pensait. Les fouilles ultérieures pourraient bien confirmer que le mur entourait toute la ville et nétait pas simplement un bastion isolé. Cela peut signifier que la ville conquise par David était le double de ce quon disait jusquici. Les Jébuséens utilisaient sans doute ces mêmes défenses. Labsence de céramiques et dautres artefacts du Xe s. av. J.-C., donc du temps de David et de Salomon, pose un point dinterrogation: comment se fait-il quil reste si peu de traces précisément dans la ville qui porte le nom de David?
Daprès un article dAbraham Rabinovich du Jérusalem Post
Ils sont pris entre deux feux, ces Palestiniens
Les arabes palestiniens vivant à Jérusalem sont considérés par la loi israélienne comme des étrangers en résidence et non pas comme des citoyens dIsraël. Bien quils y aient passé toute leur vie, ces gens ne sont plus sûrs de pouvoir résider dans le pays de leur naissance.
Les juifs américains qui vivent aux USA maintiennent leur droit dêtre détenteurs de la double nationalité, laméricaine et lisraélienne. Ainsi ceux dentre eux qui résident à Jérusalem pour un certain temps néprouvent pas la crainte de perdre leur passeport américain ni leur carte didentité israélienne. Par contre, les familles palestiniennes qui habitent Jérusalem depuis des centaines dannées sont maintenant considérées comme des hôtes du gouvernement israélien. Le simple droit de résidence pourrait leur être enlevé à nimporte quel moment. Jusquà plus ample information ou jusquà la future application des accords de la Wye Plantation, 91% de la West Bank et de la bande de Gaza reste sous occupation. Ainsi la circulation entre les Territoires occupés dépend de lapprobation préalable des autorités israéliennes. Ces dernières années, Israël a construit 60 000 unités de logement pour les juifs de Jérusalem et rien pour les arabes. 38 500 maisons juives ont été construites jusquà maintenant sur des terres confisquées aux arabes. Pour les arabes, la situation se complique davantage à cause du taux élevé des taxes quimpose lautorité palestinienne. Dans une certaine mesure, les capitaux sont ainsi aliénés et linvestissement rendu impossible. La bureaucratie shypertrophie et le nombre des employés affectés à la sécurité est nettement exagéré. Un tel processus nécessite une augmentation des taxes et crée ainsi un cercle vicieux dappauvrissement. Mais la plus dangereuse politique israélienne est la bantoustanisation. Le mot est emprunté au Bantoustan, ce terrtitoire quon a morcelé suivant les diverses ethnies de lAfrique du sud. Cest alors la parcellisation du territoire palestinien en cantons distincts. Nous avons donc pour la Palestine quatre régions: la bande de Gaza, Jérusalem, la partie sud de la West Bank comprenant Bethléem et Hébron, enfin le centre et la partie nord de la West Bank. Lors du bouclage des Territoires, il devient impossible daller dune région à lautre; même le déplacement dun village à lautre est rendu difficile.
(Jacques Levantin)
Toujours plus de violence
Une enquête menée par le Centre dinvestigation et détudes palestiniennes, auprès de 1 300 personnes de la Judée, de la Samarie et de Gaza, a révélé une augmentation du nombre de Palestiniens qui soutiennent la violence contre les Israéliens. Selon cette enquête, 49.7% des Palestiniens soutiennent les attaques armées contre Israël; 44.8% sulement sopposent à cette méthode violente. Il sagit dune augmentation de 10% dans lappui à la violence, au cours dune demi-année. Ces données reflètent les sentiments des Palestiniens devant la paralysie du processus de paix. Lappui à Arafat est sans doute à la hausse. Il est de 61% des Palestiniens, alors que le chef Ahmad Yasín, le leader du mouvement fondamentaliste islamique, ne peut compter que sur 2% parmi les personnes interrogées.
Réfugiés
Selon le rapport émis par lagence des travaux et secours des Nations Unies en faveur des réfugiés palestiniens (UNRWA) 3 417 688 réfugiés sont inscrits dans 59 camps de lUNRWA. De ceux-là, les deux-tiers vivent dans les camps de la Cisjordanie, de la bande de Gaza, de la Jordanie, du Liban et de la Syrie. Lorganisme établit en outre une distinction entre les réfugiés qui furent dépossédés en 1948 et ceux qui furent déplacés durant la guerre de 1967.
Une biographie typique
En août dernier, est décédé à Haïfa, à lâge de 76 ans, un prêtre carme, le P. Daniel Rufeisen, juif polonais converti au christianisme. Il était très connu en Israël pour la polémique suscitée au sujet de son cas. Il sagissait de linterprétation de la loi du retour. En effet, à son arrivée en Israël, après avoir renoncé à la nationalité polonaise, il demanda la carte didentité juive. Car en vertu de la loi du retour, tout juif a droit à la citoyenneté israélienne. En 1958, le ministre de lIntérieur la lui refusa. Le cas du P. Daniel arriva à la Cour suprême de justice. Par quatre voix contre une, la Cour confirma la décision du ministre de lIntérieur. Toutefois, tous les membres de la Cour Suprême exprimèrent leur estime pour la perdsonne du P. Daniel. Le problème était politique: un juif chrétien a-t-il le droit dinvoquer la loi du retour? Le P. Daniel était né en Pologne en 1922 de parents juifs. Trahi par un juif, il fut un membre remarqué du mouvement sioniste; en 1941, il fut capturé par la Gestapo. Il réussit à senfuir et, avec un faux document, il travailla comme interprète pour la police allemande. Grâce à son travail, il put aider beaucoup de juifs. Il fut à nouveau détenu; il avait été trahi par un juif. Une seconde fois, il réussit à séchapper, en se réfugiant dans un couvent de religieuses, qui le gardèrent jusquà la fin de la guerre. En 1942, il fut baptisé. Quelques années plus tard, il entra chez les Carmes où il fut ordonné prêtre. Il a toujours vécu à Haïfa, au couvent des Carmes. La raison qui le poussa à embrasser le christianisme, il la révéla dans une entrevue à un périodique israélien. Le P. Daniel avoua avoir expérimenté un énorme vide spirituel qui le poussa à la lecture du Nouveau Testament. La personne de Jésus fut la clé de sa conversion.
Polémique autour dun nouvel évêque
La nomination de Mgr Butros Muallem, comme évêque grec catholique de Galilée na pas été bien accueillie par les autorités israéliennes. Le nouvel évêque vient dune famille de réfugiés de 1948, aujourdhui installée au Brésil. Le gouvernement craint quil nincite la communauté catholique à lutter contre lÉtat. Le Premier ministre israélien a déclaré quil sétait entretenu avec le représentant du Saint-Siège; il lui avait alors manifesté ses préoccupations au sujet de cette nomination. Une note émise par le Saint-Siège a rappelé que laccord fondamental existant entre le Saint-Siège et Israël prévoit que "la nomination des évêques de lÉglise catholique relève du Souverain Pontife dans lexercice de sa mission". La communauté grecque catholique compte en Israël 42 000 fidèles. Cest la plus nombreuse après la communauté grecque orthodoxe.
LXXVe anniversaire du SBF
Le 8 novembre 1998, en la fête du Bx Duns Scot, le Studium biblique franciscain a célébré le 75e anniversaire de sa fondation (1923-1998). Après la concélébration eucharistique, présidée par le patriarche latin, S.B. Mgr Michel Sabbah, eut lieu louverture officielle de lannée académique. Le doyen du SBF, le recteur de luniversité Saint-Antoine de Rome et le secrétaire général des études ont, tour à tour, pris la parole pour évoquer lhistoire, la place et la portée du Studium biblique franciscain de Jérusalem. Le clou de la manifestation fut une conférence du Dr Leah Di Segni de lUniversité hébraïque de Jérusalem. La communication portait sur "la contribution du SBF dans le domaine de larchéologie des 125 dernières années".
Synode des Églises catholiques de Terre Sainte
Commencée en 1995, la première phase du Synode sest terminée à la Pentecôte 1998. Ce fut une période de renouveau et de conversion. La seconde phase sera un temps de réflexion sur les grands thèmes de la vie pastorale et quotidienne des chrétiens de Terre Sainte. Un premier temps sera consacré à lidentification des questions à étudier. La démarche débutera avec un questionnaire. Déjà des célébrations ont marqué cette seconde étape, à Nazareth, dans les Territoires palestiniens, à Bethléem et en Jordanie.
Pourparlers entre le Saint-Siège et lOLP
Le 27 avril 1998, eut lieu au Vatican une première rencontre entre le Saint-Siège et lOLP. Ces pourparlers avaient été préparés par lAssemblée des Ordinaires Catholiques de Terre Sainte. La deuxième rencontre a eu lieu le 30 juin suivant, en territoire palestinien. La délégation du Saint-Siège comprenait les membres suivants de lÉglise locale: les PP. Maroun Lahham, recteur du Séminaire patriarcal de Beit Jala, William Shomali, vice-recteur, et Majdi Siriani, curé de Beit Sahour. La délégation du Saint-Siège était présidée par Mgr Migliore, secrétaire de S.E. Mgr Tauran de la Secrétairerie dÉtat. La délégation palestinienne était preesidée par le Dr Emile Jarjoui, membre du Comité exécutif de lOLP. Les pourparlers ont traité des rapports entre les deux parties et des affaires de lÉglise dans les Territoires palestiniens. Le Saint-Siège ne veut rien négliger pour établir la justice et la paix entre les peuples de la région.
Lencadrement du Jubilé de lan 2000
De façon provisoire, on a émis la possibilité dune célébration oecuménique qui ouvrirait le grand Jubilé en la Terre Sainte. Les chefs des grandes Églises orthodoxes, catholiques et protestantes se réuniraient, dans un premier temps, sur lae parvis de la basilique à Bethléem. Après quoi, on entrerait dans la basilique de la Nativité. Quant à la clôture de lannée jubilaire, ce serait le dimanche de Pâques de lan 2001, que toutes les Églises célébreraient ensemble à la date du 15 avril. Déjà le Cardinal Etchegaray a donné quelques indications sur le calendrier du grand Jubilé. La traditionnelle semaine de prière pour lunité des chrétiens, qui va du 18 janvier, la Chaire de S. Pierre à Antioche de lancien calendrier liturgique, au 25 janvier, la Conversion de S. Paul, sera intensidfiée. On ouvrira, à cette occasion, la porte jubilaire de la basilique romaine de S.-Paul-hors-les-Murs. Le 7 mai, au Colisée, aura lieu une célébration oecuménique des nouveaux martyrs. Le calendrier sera graduellement mis au point. On veut souligner de façon particulière les points suivants: les valeurs pénitentielles de la conversion, le renouveau de la foi et du pèlerinage, la reconnaissance pour les dons de la création et la prière pour le pardon.
Vin et Kashrut
En Israël, les lois alimentaires, qui relèvent de la religion, ont joué un grand rôle dans la fixation des habitudes culinaires. Pour qui suit ces normes, la chair du porc et de nombreux autres animaux, entre autres ceux qui sont nécrophages, les fruits de mer et les poissons privés décailles, tout cela est prohibé. En outre, on ne cuisine pas ensemble les viandes et le laitage; on ne les sert pas non plus au même repas. Il est difficile de concilier la loi Kashrut et les normes de la cuisine internationale. Pour ce qui est du vin toutefois, on peut rester fidèle à la loi Kashrut, sans pour autant renoncer à un produit de qualité.
Depuis les temps prébibliques, on produit du vin en Palestine. Avec la domination arabe, il y eut cependant une éclipse de 1200 ans. La production a refait surface en 1870, grâce au Baron Edmond de Rothschild. Selon les experts, ce type de vin sassimilait plutôt à un remède. Il en fut ainsi jusquen 1960. La situation sest ensuite améliorée. Le contact avec lEurope a appris aux vignerons que le vin est un véritable aliment et quil faut lapprécier. Les viticulteurs des hauteurs du Golan ont enseigné aux petits propriétaires comment faire la plantation des ceps sélectionnés. Il ny a pas dopposition entre les lois alimentaires religieuses et la production dun vin de bonne qualité. Pour que le vin soit "kosher", il faut tenir compte de ce qui suit. On ne peut se serir que du produit des vignes dont la plantation remonte au moins à quatre ans. Tous les sept ans, il faut laisser le vignoble en jachère. La culture dautres végétaux ou darbres à fruits, au milieu des ceps, est interdite. Au temps de la vendange, on ne peut utiliser que des récipients et des ustensiles bien lavés. Seuls des ouvriers qui respectent le repos sabbatique peuvent être affectés à la production du vin. Il faut enfin soustraire un peu plus de 1% du vin produit, pour symboliser la dîme quon versait auttrefois au Temple de Jérusalem.
Linstruction coûte cher; elle est rentable cependant
Lépine la plus douloureuse au pied de lÉglise de Jérusalem est lhémorragie des chrétiens du Moyen Orient. En fait, ce problème existe depuis bien longtemps. Au temps de lempire Ottoman, les chrétiens étaient exclus des hautes fonctions gouvernementales et ils devaient payer des taxes qui leur étaient particulières. Au temps des protectorats européens, la situation na guère changé. Aujourdhui, ils sont coincés entre les deux mâchoires: la situation difficile où ils se trouvent et la fascination de lexil ; létau dans lequel ils sont pris se resserre toujours davantage. La serre la plus mordante est lexode des cerveaux. La Custodie de Terre Sainte, de concert avec dautres ressources ecclésiales, ne se lasse pas de prendre des initiatives pour améliorer la formation des chrétiens. Elle favorise les études supérieures à lintérieur des pays du Moyen Orient, afin de ne pas mettre les étudiants sur une piste de fuite.
Aux étudiants chrétiens, doués et travailleurs, la Custodie offre des bourses denseignement, qui saccompagnent, de la part des étudiants, dun engagement à fréquenter une université du Moyen Orient et à ne pas abandonner leur propre pays. Au cours de la dernière année académique, la Custodie de Terre Sainte a pris en charge 64 étudiants et a versé 150 000$US pour les frais de scolarité et autres besoins.
Jérusalem, 1er Janvier 1999
© copyright 1999
|
|
Created / Updated Thursday, January 7, 1999 at 22:40:14 by John Abela ofm for the Maltese Province and the Custody of the Holy Land This page is best viewed with Netscape at 640x480x67Hz - Space by courtesy of Christus Rex |