ARTICLE

Essai sur la signification
des vignettes topographiques


by Noël Duval

Le plan de ville relativement détaillé et réaliste : Jérusalem

Les grandes cités: enceinte, plan, monuments : genre ou réalité ?

Les cités moyennes : silhouette de constructions sur plusieurs plans sans enceinte continue

Images linéaires alternant tours et murs ou bâtiments

Représentations de villages par une porte entre deux tours

Représentations de villes ou de villages par un seul bâtiment

Sanctuaires ou lieux sacrés individualisés

Sanctuaires non individualisés: églises à toit en batière

Conclusions


Il est inutile de répéter ce qui a été dit à plusieurs reprises dans ce colloque sur la tradition de la cartographie antique et de la figuration des villes, stations ou étapes dans ce cadre. 1
On peut distinguer dans les divers documents qui ont été commentés – sur la carte de Peutinger, dans la Notitia Dignitatum (où ces vignettes symbolisent à la fois des provinces, des villes ou des lieux de garnison) et parmi les illustrations des Agronomes:
1° des vignettes présentant des éléments symboliques ou réalistes mis volontairement en relief, par exemple les Tychai ou Génies des cités, la colonne de Constantinople, l'église de Saint-Pierre à Rome, le temple de Daphné pour Antioche ;
2° des vues de villes 'à vol d'oiseau' (pour reprendre l'expression courante en Italie) où, dans une enceinte souvent hexagonale, quelques monuments sont figurés, apparemment en désordre ;
3° des silhouettes simplifiées, linéaires, composées de bâtiments alignés, alternant souvent avec des tours, en nombre variable ;
4° des monuments isolés, soit clairement individualisés, soit représentés symboliquement par une toiture rouge reposant sur une ou deux parois percées de fenêtres et parfois d'une porte.
M. Weber a déjà souligné par ailleurs qu'il n'existe pas de différence essentielle sur la carte de Peutinger entre les représentations de temples et d'églises, qui sont figurés par des bâtiments pourvus d'une toiture à deux pans en perspective approximative.
Je consacrerai mon intervention surtout à l'interprétation des images de cités, sans me limiter à la carte de Madaba, mais en incluant d'autres figurations de villes, notamment sur les mosaïques de Jordanie et des régions voisines.
Je vais essayer de montrer, comme je l'ai fait déjà à plusieurs reprises1, que si la représentation idéale est la vue détaillée et en apparence réaliste, telle qu'elle se retrouve ici pour Jérusalem, puis, à une moindre échelle, pour sept grandes cités au moins, on se contente le plus souvent de symboliser la ville par une enceinte théorique dans laquelle sont figurés un choix d'éléments de l'urbanisme (par exemple un segment de rue à portique) et un ou deux bâtiments.
Mais on peut aussi préférer comme signe de la ville un seul monument qui suffit à la représenter, temple ou église par exemple. Sur ce point, la carte de Madaba n'innove pas par rapport à la carte de Peutinger mais la vogue de ce type de représentation simplifiée de la ville s'accroît dans les séries tardives comme la bordure de l'église de l'Acropole de Ma'in et la bordure des villes égyptiennes de l'église Saint-Etienne à Umm al-Rasas. Elle deviendra la règle dans les blasons, les monnaies et les sceaux médiévaux 2.
Il faut tenir compte enfin d'un processus bien connu par des exemples célèbres, comme la mosaïque de l'Ecclesia Mater de Tabarka et la mosaïque du Palatium de S. Apollinare Nuovo à Ravenne (que l'on accepte l'interprétation d'E. Dyggve ou la mienne 3) : des éléments juxtaposés (murs, toitures ou voûte, façade ou porte, etc.) peuvent représenter un édifice homogène, artificiellement aplani et parfois recomposé de manière apparemment arbitraire.
Ces constatations sont grosso modo acceptées, avec des nuances, dans le principal travail de synthèse récent sur la représentation de la ville dans l'Antiquité Tardive, l'article de J. Deckers paru en 1988 4, né du rapport préparé pour le Congrès d'archéologie chrétienne de 1986. Elles sont reprises, mais sans description précise, par le dernier article sur la carte de Madaba 5, publié par l'architecte G. Ortolani qui avait travaillé autrefois en Jordanie.
Telle qu'elle est conservée, la carte de Madaba présente au moins 123 6 vignettes à signification topographique suffisamment lisibles pour être analysées 7. On peut les classer en sept catégories.

Le plan de ville relativement détaillé et réaliste : Jérusalem
La première catégorie comporte actuellement une seule figuration de grande taille, qui peut donc être détaillée : celle d'Hagiopolis Ierusal[em] nº 56, mais, suivant une restitution vraisemblable défendue par plusieurs auteurs, dont P. Donceel-Voûte dans son article de la Revue Biblique de 1988, et, ici même, P.-L. Gatier et L. Di Segni, la carte pouvait contenir deux vignettes de ce type puisqu'on est tenté de restituer à l'Est, probablement sur le même axe, une image analogue de Madaba. Cette hypothèse, qui honorerait la cité et la communauté locale en la plaçant en parallèle avec la Cité Sainte, est confortée par le parallèle de Saint-Etienne d'Umm al-Rasas (et peut-être de l'église des Lions) où Kastron Mefaa – qui pourtant n'est ni polis ni évêché, et représente une localité beaucoup moins importante que Madaba– est figuré au premier rang en partant du chancel dans l'entrecolonnement sud face à Hagiopolis dans l'entrecolonnement nord, et de façon beaucoup plus détaillée que les autres villes représentées.
Le commentaire de cette image de Jérusalem a été fait de longue date. Il a été repris ici, de deux points de vue différents, par Y. Tsafrir et A. Ovadiah. G. Ortolani a fourni un dessin commode permettant de comparer la vignette au plan de la cité à l'époque de Justinien 8. On oscille constamment entre deux écueils : les uns mettent en doute son réalisme et y voient une image de genre, en particulier à cause de la forme elliptique traduisant mal le plan réel, et pour les portiques dont P. Donceel-Voûte croyait – évidemment à tort – qu'ils constituaient un détail anachronique pour l'urbanisme du VIe siècle 9 ; les autres – et c'est la tendance générale des archéologues du pays, depuis l'origine avec le P. Lagrange, puis les Pères Vincent et Abel, puis M. Avi-Yonah et nos deux collègues 10 - y reconnaissent un document parfaitement fiable, surtout si on le confronte aux descriptions du Breviarius et du Pèlerin de Plaisance, et ils sont tentés d'identifier presque tous les édifices. Le fait qu'on nous ait distribué le dessin avec les numéros renvoyant effectivement à des identifications (pourvues de quelques points d'interrogation toutefois) montre combien cette doctrine est constante.
Il est important, sans trancher sur les questions de détail, de se faire un idée d'ensemble, ne serait-ce que pour juger du type de représentation que l'artiste pouvait concevoir et donc des usages suivis pour les autres vignettes. La forme générale de la cité, quoique étirée, paraît à peu près acceptable, de même que l'emplacement vers la porte de Damas de la place principale avec la colonne monumentale (cette place porte encore en arabe le nom de "place de la colonne"), ainsi que la direction générale des deux voies principales encadrées de portiques et celle de la rue transversale menant à la porte orientale (Via Dolorosa actuelle). Mais, en dehors des églises les plus grandes, identifiables à la fois par leur silhouette et par leur emplacement (l'Anastasis, la Probatique, la Nea, la Sainte Sion), tout le reste résulte d'un "jeu de taquets" cherchant à faire coïncider la succession de bâtiments non individualisés avec les itinéraires de pèlerins. Seule l'Anastasis montre des caractères spécifiques, par rapport aux autres églises qui se présentent en général comme des rectangles, pourvus d'une porte en façade – surmontée d'une petite fenêtre dans le fronton –, de deux fenêtres sur le flanc et d'une toiture en tuiles à double pente : elle possède en façade, dans un avant corps – couvert peut-être, en appentis, de plaques métalliques – trois portes inégales auxquelles on accède par un escalier monumental ; la rotonde – qui en soi pourrait être une abside – est montrée volontairement (la choix de l'angle de vision est dû sans doute à cette intention), séparée du bâtiment principal par un rectangle noir qui paraît être la cour mentionnée dans plusieurs descriptions 11. En bref, on aurait ici une topographie générale grosso modo exacte, un choix d'éléments caractéristiques de l'urbanisme (rues à portiques et colonne monumentale), une église principale nettement individualisée, d'autres, silhouettées mais correctement situées, tout le reste constituant du "remplissage" sous la forme d'une alternance de bâtiments à toits en bâtière et de cubes apparemment couverts en terrasse.
La situation n'est pas tellement différente de la représentation de Kastron Mefaa à Saint-Etienne d'Umm al-Rasas 12 : la vignette double distingue clairement en haut le castrum (dont la muraille dessine par derrière une courbe – n'existant pas dans la réalité – pour qu'on la voie au-dessus de l'unique église, indifférenciée, qui est silhouettée au centre), en bas le vaste faubourg non remparé laissant au centre une grande place dont une colonne monumentale (non encore localisée), analogue à celle de Jérusalem, occupe le milieu et, devant, une église ouverte qui est sans doute celle où se trouve la mosaïque. Bien que différant par le style et par des détails, la vignette de l'église des Lions 13 confirme que cette image double, qui reflète grosso modo la topographie, est bien la représentation, à la fois conventionnelle et réaliste, de la localité avec ses monuments symboliques. Dans l'église de Saint-Etienne en face de Kastron Mefaa, la vignette de Jérusalem est, au contraire, très simplifiée : la ville remparée, de forme polygonale, est conventionnelle, l'Anastasis, seule figurée, est symbolisée par la rotonde au milieu, entre les deux moitiés de l'église du Saint-Sépulcre à demi ouverte 14.

Les grandes cités: enceinte, plan, monuments : genre ou réalité ?
Il s'agit d'images de dimensions moitié moindre que celle de Jérusalem, mais présentant comme elle une silhouette ovale entourée de remparts, en vue plongeante.
On peut estimer que certaines grandes villes comme Alexandrie, si elle était figurée à l'extrémité sud de la carte, au moins Césarée et Scythopolis en Palestine, Philadelphie (Amman) et Gerasa en Transjordanie, Bosra, Damas et Tyr qui figuraient peut-être à l'extrémité nord, étaient représentées aussi de cette manière.
Nous voyons six vignettes de ce type dans l'état actuel, malheureusement toutes plus ou moins mutilées (nous suivons ici un ordre géographique):
- dans la partie du delta égyptien : To Pelousin (Péluse) n° 139, dont la moitié environ est conservée ;
- sur la côte : [G]aza n° 123, détruit pour une moitié environ ; Askalô[n] n° 103, conservé à peu près aux trois quarts ;
- à l'intérieur de la Palestine : E[leutheropolis] n° 84, dont il reste un peu moins que la moitié (l'identification, dont on a beaucoup discuté, est maintenant certaine) ; Neapolis n° 35, dont il manque un quart environ et dont l'examen est difficile sur l'original parce que le pavement a été endommagé par l'incendie ;
- au delà de la Mer Morte : Charach Môba (Kerak) n° 29, dont il manque un quart environ.
Il s'agit de cités importantes qui justifient que les vignettes soient plus détaillées. Mais sont-elles réalistes ou conventionnelles ? Il se trouve que nous disposons pour toutes ces villes de représentations à Ma'in ou à Umm al-Rasas, mais elles ne sont en rien comparables.
Péluse (nº 139). On distingue dans cette ville, ceinte d'une muraille conventionnelle, une rue axiale encadrée de deux portiques, dont l'un, en bas, est aplati pour être montré à la vue (comme celui de la rue principale de Jérusalem). Donner (nº 134) mentionne deux autres rues parallèles, dont l'une est peut-être le second portique de la rue principale. On voit au-dessus de la muraille au premier plan un portique et un autre, angulaire, à droite : il n'est pas sûr qu'ils désignent des rues. Donner voit trois églises 15, alors que je n'en trouve qu'une, aplatie, à droite. En dehors de la rue principale bien caractérisée, je ne vois aucun bâtiment clairement individualisé.
A Umm al-Rasas, dans la bordure égyptienne de Saint-Etienne, la vignette de Péluse est réduite à une église, dont la porte ouverte laisse voir, derrière un chancel, un cierge allumé, et une ou deux tours de l'enceinte 16.
Gaza (nº 123). On voit clairement dans l'enceinte tourrelée une grande rue à portiques conduisant, à l'extrémité gauche conservée, vers une place carrée, à laquelle aboutit une autre rue à portiques venant de l'Ouest. Il y en peut-être une troisième au premier plan devant la façade du bâtiment à fronton. Un théâtre à la lisière de la ville est nettement reconnaissable à l'Est (et peut-être un nymphée, dit Donner, nº 118, à droite). Deux bâtiments à toiture en bâtière sont identifiés comme des églises par Donner mais l'un est anormalement long. Notre collègue remarque que la topographie n'est pas sans rappeler celle du 'Vieux Gaza' actuel, mais que la grande église, érigée sur le temple de Zeus détruit, doit être à l'emplacement de la Grande Mosquée et ne se situait donc pas dans le quartier sud-ouest comme les églises visibles sur la carte.
Outre la présence habituelle de rues à portiques qui ne dessinent pas un quadrillage complet, l'élément propre à cet image est la figuration d'un théâtre.
Les fouilles récemment entreprises permettront peut-être de préciser notre connaissance de la topographie antique.
Gaza est représenté à Saint-Etienne d'Umm al-Rasas 17 et sur la bordure de Ma'in 18. A Umm al-Rasas, Gaza est symbolisé par une grande église dans une enceinte. A Ma'in, la vignette (non conservée) montrait trois corps de bâtiment, sans doute à recomposer en une église (la façade et deux flancs).
Ascalon (nº 103). On voit en vue plongeante la partie centrale et une grande partie du secteur nord de la ville. Au fond, une porte à deux étages entre deux tours est clairement reconnaissable (il s'agit de la porte de Jérusalem, d'après Donner, nº 91, en raison de son emplacement). De là part ce que certains ont considéré comme une grande place, d'autres avec Donner comme deux rues parallèles séparées par des bâtiments partant d'une place ; en faveur de la première thèse plaide le fait qu'il n'existe que deux lignes de portiques dans le sens Est-Ouest, en faveur de la seconde, l'existence de bâtiments entre les deux espaces découverts : au delà du croisement, apparaît un petit portique surmonté par des lignes se croisant, dont le dessin, peu clair, pourrait correspondre à une petite église à fronton dont trois faces paraissent aplaties (plutôt qu'une maison comme le veut Donner) 19, précédée d'un narthex; en deça, on reconnaît mieux un autre bâtiment du même type. Une rue à portique à angle droit venant du Nord rejoint le carrefour central mais ne se prolonge pas vers le Sud (par contre on croit distinguer de ce côté une cour entourée de portiques). Au croisement, on voit une coupole jaune au-dessus de trois (?) colonnes : Donner l'identifie avec un tétrapyle voûté comme il en existe au croisement de deux rues à angle droit. Dans le seul quartier conservé (angle nord-est), aucun des bâtiments entre la muraille et les rues n'est caractérisé. Certains ont reconnu au centre un bassin rectangulaire (à cause de la couleur gris-bleu), d'autres ont pris les colonnes (ou plutôt les entrecolonnements noirs) du petit portique pour des obélisques, symbolisant peut-être les trois saints égyptiens, dont la désignation figure à côté du nom d'Ascalon, nº 102 (n° 92 Donner). Donner considère que la topographie correspond à celle de la cité médiévale, qui serait encore reconnaissable. On constate, d'après les variations de l'interprétation, que cette évidence n'apparaît pas à tous. En tout cas, aucun des bâtiments conservés n'est représenté de manière individualisée.
Sur la bordure de Saint-Etienne d'Umm al-Rasas, la vignette d'Ascalon 20 représente une rotonde à toiture conique dans une enceinte conventionnelle. A Ma'in 21, la vignette (non conservée) représentait trois bâtiments appartenant probablement à une seule église symbolique (sans trace de rotonde).
E[leutheropolis] - Bayt Jibrin (nº 84). Il reste au fond trois tours de l'enceinte. Une rue (dépourvue de portiques sauf au Sud), à quelque distance de l'enceinte, dessine un coude ou peut-être un angle droit. Un autre fragment de portique au Nord-Est, à la cassure, désignerait d'après Donner une rue secondaire. Au delà de la rue principale, une église est clairement reconnaissable. En deça du coude de la rue, un édifice avec quatre colonnes portant une coupole a suscité beaucoup de discussions. Il ne serait qu'un nymphée d'après Donner mais, en raison des parallèles, j'y verrais volontiers une rotonde cultuelle, soit isolée, soit représentant une abside d'église.
On a entrepris récemment de grandes fouilles à Eleuthéropolis dont notre collègue A. Kloner rend compte par ailleurs. Pour l'instant, elles ne clarifient pas l'interprétation de la vignette de la Carte.
La vignette de Saint-Etienne d'Umm al-Rasas 22 nous présente pour Eleutheropolis une enceinte conventionnelle avec deux églises peu individualisées, mais dont l'une, au premier plan, est ouverte sur l'intérieur. La vignette de Ma'in 23 est incomplète mais présente clairement une église unique déployée, dont le centre (que je pense être l'abside) ressemble à une rotonde.
Neapolis - Naplouse (nº 35). On reconnaît l'enceinte, surtout la partie est, où l'on distingue deux portes. Une grande rue à portiques est-ouest, partant de la porte est, traverse la ville, et semble recoupée par une autre, de direction nord-sud, près de la muraille. Au bord, se trouve une coupole reposant sur une colonnade (deux ou trois colonnes), dans laquelle Donner voit, à son habitude, une fontaine publique. Vers le Sud-Est, une église conventionnelle est parfaitement identifiable. Par contre, il est plus difficile, au Sud-Ouest, de déterminer la nature d'un édifice ou un espace cerné de courbes concentriques que Donner pense être un théâtre.
La vignette de Neapolis sur la bordure de Saint-Etienne d'Umm al-Rasas 24 est d'un type particulier : il s'agit d'un temple, sans doute celui de Zeus Hypsistos sur le Garizim, qui sert aussi de symbole de la ville sur les monnaies d'époque romaine, mais qu'on s'étonne de voir désigner encore la ville dans une église au VIIIe siècle.
[Char]ach Môb[a] - Karak (nº 29). En dehors de sa situation au sommet d'une falaise, clairement indiquée sur la carte, la représentation paraît conventionnelle. On reconnaît l'enceinte pourvue de tours avec une porte au Sud. Donner parle de deux rues nord-sud, mais elles se réduiraient à un portique de quatre colonnes au premier plan et un de deux au centre : la signification de ces portiques peut être différente. De chaque côté sont reconnaissables deux églises de type identique, avec une porte cintrée et deux fenêtres sur le flanc. Devant celle de droite est figuré un bâtiment carré à toiture en terrasse.
Je renvoie pour le rapport avec la topographie actuelle à l'exposé de F. Zayadine. Pour ma part, je pense toute identification impossible, en dehors de la porte.
A Umm al-Rasas 25, la vignette correspondante montre une ville tourrelée sans caractère spécifique, avec au centre une coupole au milieu de nefs ouvertes (particulièrement schématiques), l'ensemble représentant au total une église. A Ma'in 26, l'image est réduite à l'extrémité d'un bâtiment rectangulaire (un flanc d'église ?) dans une disposition analogue, semble-t-il, à celle d'Esbounta où les deux flancs encadrent un élément à coupole que je considère comme l'abside 27.
On constate que ces six images, malgré leur mutilation, présentent un certain nombre de points communs:
- la vue plongeante ;
- la forme générale en ellipse ;
- la présence d'une enceinte continue pourvue de plusieurs portes ;
- la figuration de rues à portiques (sauf le cas peu clair de Karak) ;
- l'existence d'au moins une et, en général, plusieurs églises conventionnelles ;
- la représentation d'autres bâtiments, peu caractérisés, qui paraissent être des maisons.
Une certaine individualisation est perceptible dans la disposition des voies et des places qui n'est pratiquement jamais identique (bien que domine le schéma des deux rues principales se croisant à angle droit). Cependant, on n'est pas en état d'établir, même à Gaza, contrairement à ce que certains ont dit, un rapport évident avec la topographie antique (en réalité mal connue dans tous ces cas).
D'autre part, outre les éléments obligés, on voit apparaître parfois l'image de monuments d'un type identifiable comme le théâtre de Gaza (peut-être aussi à Neapolis), ou d'autres dont l'interprétation peut, au contraire, être discutée comme les coupoles sur colonnes d'Ascalon, Eleuthéropolis et Neapolis. Il ne faut pas oublier que ces "tholoi" figurent aussi, soit isolées, soit combinées avec des éléments rectangulaires, sur plusieurs des vignettes symbolisant la cité (ou le pays) par un monument unique, soit dans une enceinte, soit sans enceinte (à Samra, Gerasa, Ma'in, Umm al-Rasas, Haditha, etc.) : leur fonction cultuelle est alors pratiquement assurée, mais on hésite parfois entre une rotonde se suffisant à elle-même et une abside d'église 28. Quant aux théâtres, on se demande pourquoi ils ne sont représentés que dans des cas très rares (un ou deux) alors qu'ils devaient exister pratiquement dans toutes ces cités.
Le choix de ce type de représentation assez détaillée correspond clairement à une hiérarchie des villes : ces localités sont toutes des cités autonomes, de fondation ancienne, et des évêchés. La sélection recouvre en partie celle des "bordures topographiques" d'Umm al-Rasas et de Ma'in 29. Pas complètement, puisque pour certaines des villes figurées dans ces "bordures", on a choisi à Madaba un niveau inférieur de représentation (voir infra). L'importance effective, administrative ou symbolique d'autres localités – non représentées ou difficiles à identifier – sur les bordures comme Maioumas, le port de Gaza, Ashdod et son port, Lod-Diospolis, Bethléem, Beersheba, chef-lieu du limes, Elusa, capitale de la Palestine IIIe aurait justifié aussi un traitement comparable.
Mais, si la sélection est assez voisine de celle réalisée à Umm al-Rasas et Ma'in, l'image n'a aucun rapport puisqu'elle se limite dans les bordures à un monument, cerné ou non de l'enceinte traditionnelle. Même dans les cas où l'image d'Umm al-Rasas est un peu individualisée (par exemple par une "tholos" à coupole ou à toiture conique), on ne retrouve pas ce détail à Madaba (au moins dans les parties conservées).


Les cités moyennes : silhouette de constructions sur plusieurs plans sans enceinte continue
Ce petit groupe intermédiaire comprend neuf vignettes de nature assez disparate. La principale caractéristique de ce groupement, est que, s'il subsiste le plus souvent des éléments de l'enceinte (portes et tours), le circuit n'est plus visible dans son ensemble et que ces éléments sont figurés côte à côte avec d'autres situés normalement à l'intérieur de l'enceinte. D'autre part, on abandonne la forme générale elliptique et la taille est moindre.
La vue plongeante est conservée dans certains cas mais pour des vues partielles : Lod-Diospolis n° 87; Iabnel-Jamnia n° 94, Azôtos sur mer (port d'Ashdod) n° 97 ; Beersheba n° 104 ; Maioumas-Neapolis n° 124 (il ne reste qu'une très faible surface) ; Ê Nikiou n° 140.
Ailleurs, la ville est représentée par un groupement de constructions vues de face mais sur plusieurs plans (ce qui permet de conserver une certaine profondeur), dont la forme varie mais est, en général, plus étirée en largeur qu'en hauteur.
Ces villes moyennes sont de nature très différente : deux ports de grandes villes (Azôtos sur mer et Maioumas), une ville assez importante (Lod), deux centres de pèlerinage (Nicopolis, Bethléem), une ville d'importance indéterminée (Iabnel), un centre militaire (Beersheba), deux évêchés égyptiens (Niciopolis et Athribis). Les représentations sont elles aussi très variables et n'ont en commun que leur importance relative (sauf Bethléem). Les motifs de cette sélection échappent.
Lod ou Lydea ou Diospolis (nº 87). Sur cette vue mutilée (trois-quarts environ sont conservés), on distingue une rue bordée d'un portique est-ouest, et une église au Nord. Au Sud, une grande église semble précédée d'une place (ou atrium) 30 semi-circulaire bordée d'un portique : cette église principale pourrait être celle de saint Georges, principal culte de la cité. D'autres constructions existent de ce côté. Diospolis est représentée sur la bordure de Saint-Etienne d'Umm al-Rasas 31 comme une église (dont le flanc est ouvert) comprise dans une enceinte.
Jabnêl ou Jamnia (nº 94). Groupement, en apparence sans enceinte (mais il peut y avoir une tour à l'arrière), de quatre (ou cinq) bâtiments couverts en terrasse et de deux couverts d'un appentis de tuiles (que Donner, n° 69, considère, sans argument, comme des édifices cultuels), autour d'une église conventionnelle, sans doute précédée d'un escalier. L'église peut être la basilique dédiée par Eudocie à saint Etienne et saint Thomas.
Nikopolis, Emmaüs - Amwas (nº 69). Pour cet important centre de pèlerinage, la représentation de la carte est un alignement assez informe de huit éléments : deux édifices à frontons (le flanc de l'un est visible à gauche, l'autre est vu de face au centre), d'autres à toitures en tuiles – à une seule pente, semble-t-il –, d'autres en terrasse (?), deux tours, mais qui semblent situées derrière les édifices du premier plan (le flanc de ceux-ci empiète sur l'élément vertical). Rien n'est caractérisé. Donner, n°73, reconnaît quatre églises, dont celle qui a été fouillée au centre. Je n'en vois au maximum que deux dont celle de gauche est la plus reconnaissable.
Nicopolis figure sur la bordure de Ma'in comme un édifice décomposé en trois parties 32, mais la recomposition d'une église unique avec sa façade, sa nef et son chevet ne pose pas de problème 33.
Bethléem (nº 72). En dehors d'une tentative de traduire l'environnement topographique et de l'inscription en rouge, la vignette est particulièrement petite et peu détaillée. Elle se compose de la basilique de la Nativité, présentée de façon conventionnelle, jumelée à un autre bâtiment à toiture de tuiles, et d'une porte et une tour de l'enceinte.
Azôtos paralos - port d'Ashdod (nº 97). Sur cette vignette mutilée, l'agglomération est en apparence sans enceinte. Il reste un portique au Sud (avec une tour ou une maison par derrière), au Nord une église précédée d'un escalier monumental avec une construction perpendiculaire (Donner, nº 90, voit trois églises).
"Bêrsabee, actuellement Bêrossaba" - Beersheba (nº 104), mutilé. Principale garnison de la province et du Limes arabicus, la cité présente apparemment un plan rectangulaire. On voit clairement deux tours à droite. Un morceau de portique, correspondant peut-être à une rue, est visible en haut, un autre apparaît peut-être à la cassure à gauche. Au premier plan, on voit un petit bâtiment avec une toiture de tuiles (une église d'après Donner, n° 99) et derrière, un autre avec une toiture ou une terrasse de matière différente.
[Maïoumas] ou Nea[po]lis - port de Gaza (nº 124). Sur cette vignette aux trois-quarts perdue, l'agglomération est dépourvue d'enceinte complète, mais on voit une tour au fond près de l'extrémité de la rue est. Cette rue droite (sans portiques) est recoupée par une autre vers le nord. Deux toitures rouges, de part et d'autre de la rue est-ouest, peuvent correspondre à des églises.
Ê Nikiou = Niciopolis (nº 140). Evêché de la province Aegyptus I. L'enceinte est complète au premier plan, avec trois tours et une porte ; une quatrième tour est figurée au deuxième plan à gauche ; deux églises décalées sont visibles derrière (la figuration, maladroite, ne permet pas de savoir si les flancs comportent des fenêtres ou des colonnes (en ce cas; on aurait pu les montrer ouvertes). Une section de portique est visible derrière la porte, une autre (avec une coupole ?) à l'angle supérieur droit.
Athribis (nº 141). Evêché de la province d'Augustamnica I. Il ne reste de l'enceinte qu'une seule courtine au premier plan avec deux tours aux extrémités, interrompue, semble-t-il, par une basilique au milieu ; de part et d'autre, deux éléments de portiques.

Images linéaires alternant tours et murs ou bâtiments
Cette catégorie, en apparence nombreuse (un peu plus de cinquante vignettes), est extrêmement disparate, à la fois par la structure de l'image et par l'importance des localités ainsi représentées.
On compte quinze images un peu élaborées où, par exemple, l'existence d'une église est suggérée par un fronton ou une toiture rouge dans l'enceinte: n° 10, 12, 16, 24, 92, 96, 100, 108, 109, 113, 118, 122, 130-132, 144. Parmi celles-ci, plusieurs symbolisent une ville importante ou un évêché : Zoara (nº 24), Azôtos-Ashdod (nº 96), Elousa (métropole de la Palestine III : nº 109), quatre évêchés et sanctuaires égyptiens (n° 130-132, 144).
Le niveau suivant est fait d'images constituées de segments de courtine et de tours en nombre variable repartis selon un ordre assez anarchique : c'est la catégorie la plus courante (33 cas) qui comprend quatre cités égyptiennes d'une certaine importance (n° 151, 153-155).
Un groupe de cinq images ne diffère des suivantes (porte entre deux tours) que par la présence au-dessus de la porte d'une toiture rouge ou d'un fronton qui suggère l'existence d'une église. Parmi elles, on trouve une cité du Néguev, qu'on sait assez importante par la fouille (n° 101) et, dans la même région, trois postes militaires (n° 98-100).
Koreous (nº 7). Cette station sur la route de Jéricho à Scythopolis est représentée par une porte entre deux tours mais la présence d'un fronton rouge au-dessus de la porte suggère sans doute une église.
[Bethnamran ou Bethnambris] (nº 15). Il ne reste que le bas de l'image, mais on distingue une porte et deux tours avec des segments de murs.
[Betharam ou Livias]
(nº 16). On distingue une porte à gauche, puis deux tours encadrant sans doute une église (porte sans fronton et une toiture avec, en dessous, les fenêtres de la claire-voie).
Aïa (nº 26). Quatre tours dont deux encadrant une porte, les autres limitent un segment de courtine.
Tharaïs (nº 27). Trois tours dont deux encadrant une porte, à droite un segment de mur triangulaire (courtine en perspective ?)
"Balak ou [Segor], maintenant Zoora" - Zoara (nº 24). Evêché important, représenté par trois tours encadrant une porte et un segment de courtine. Deux toitures de tuiles (que Donner, nº 18, considère comme des églises) sont bien visibles à l'arrière plan, mais aucune forme de bâtiment. Les ruines, très endommagées par la mise en valeur agricole et les fouilles clandestines (dans la nécropole) s'étendaient sur une vaste surface (voir l'exposé de M. Politis).
Archelaïs (nº 9). La ville est représentée par trois tours dont deux avec porte ; entre les deux premières se détache un petit triangle de toiture rose.
Iericho (nº 12). L'oasis est indiquée par des palmiers et la ville, par quatre tours et deux portes, avec à gauche un segment de courtine. Au-dessus, on voit un fronton (la porte qui est en-dessous peut appartenir à la façade de l'église) et deux triangles de toitures rouges. Donner en déduit l'existence de trois églises, ce qui est trop précis à mon sens.
"[Ak]rabim maintenant [Ak]rabitt[inè]" (nº 33). Le rédacteur a confondu le nom de la localité et celui du district. La vignette est composée d'une tour entre deux bâtiments percés plus bas d'une porte.
"[Su]char, maintenant [S]uchôra" (nº 38). On distingue le schéma de la porte entre deux tours, mais il existe au-dessus de la porte un triangle (non équilatéral) rouge, qui suggère sans doute une église.
[Bêt]odegana (nº 89). Il ne reste qu'un fronton (attribuable à une église) et une tour à droite.
Enetaba (nº 93). Trois éléments rectangulaires inégaux accolés, dont deux avec des portes sont figurés.
"Geth, actuellement Gitta" (nº 92). On voit deux tours encadrant une porte, et à droite un segment de mur oblique, qui correspond sans doute à la courtine en perspective.
[Th]ekoue (nº 75). Le village du prophète Amos est représenté par deux tours encadrant une porte qui présente une bande rouge au-dessus ; à gauche, un autre bâtiment bas avec une porte. Donner, nº 79, voit à gauche la figuration de l'église d'Amos.
Bethsoura (nº 76). La représentation, particulièrement petite, comprend trois tours dont l'une, au centre, comporte une porte et deux courtines.
Sôchô (nº 79). Apparaissent trois tours et deux segments de courtine, particulièrement schématiques ; les deux parties de murailles sont séparés par une ligne de cubes blancs.
Bethzachar(ia) (nº 80). La localité associée au sanctuaire de saint Zacharie (voir infra) est figurée par trois tours et trois constructions, dont deux en triangle et une couverte en terrasse.
"Akkar[ôn], actuellement Ak[kara] " (nº 95). On voit quatre tours, dont deux avec des portes. Dans l'intervalle sont placés des segments de courtines, au-dessus desquels quelques cubes rouges peuvent faire penser à des toitures.
Asdôd ou Azôtos (nº 96). Paradoxalement, cette ville importante est représentée avec des dimensions moindres et suivant une typologie inférieure à l'image de son port (n° 97, voir supra). Il reste de cette vignette mutilée trois tours élancées et deux segments de murs surmontés de toits rouges (on pense toujours à des églises, mais il n'y a pas de fronton).
Mampsis (nº 101). Cette ville du Néguev, que l'on sait assez importante d'après les fouilles, est représentée par une image très simple de porte entre deux tours, mais l'existence d'un fronton au centre suggère une église.
Prasidin = Praesidium (nº 98). Comme son nom l'indique, la localité est un fort et une étape routière, comme les deux vignettes suivantes. En apparence, la représentation est celle d'une porte entre deux tours, mais la présence d'un triangle rouge au-dessus de la porte suggère l'existence probable d'une église.
Thamara (nº 99). Même remarque que pour le n° 98. La vignette est semblable.
Môa (nº 100). Le poste, mentionné dans l' "édit de Bersheva", n'est pas localisé avec certitude. Ici la vignette est légèrement différente, avec la porte dans la tour de gauche.
Iethor ou Iethera (nº 108). Le village de Juda, mal situé (?), est figuré par trois tours encadrant deux bâtiments avec une toiture en tuiles, pourvus de portes ; pour celui de droite, on a peut-être suggéré un fronton.
Elousa - Elusa (nº 109). L'évêché et métropole de la Palaestina Tertia (en alternance avec Petra) est apparemment figuré par quatre tours alternant avec des bâtiments mal individualisés qui présentent une porte et un fronton en façade et une toiture rouge, sans doute identifiables comme des églises. La cathédrale d'Elusa a été fouillée il y a une vingtaine d'années par A. Negev.
Phôtis (nº 110). Apparaissent quatre éléments informes (une tour, un segment de mur et peut-être deux constructions) pourvus d'une toiture (rectangle blanc) qui peuvent être aussi des tours d'après la vignette voisine d'Orda (voir infra).
Orda (nº 111). La localité est représentée par cinq tours, dont deux sont pourvues d'une porte, et quatre segments de murs; pour donner un peu de profondeur, deux ont le sommet oblique .
Ôga (mutilé : nº 113). Dans la partie visible apparaissent trois tours et une porte, peut-être surmontée d'un fronton (on montrerait une église à l'intérieur).
[As]alea (mutilé : nº 114). Dans la partie visible apparaissent trois tours, une porte et un segment de courtine.
Sôbila (nº 116). Deux tours et deux segments de courtine représentent la localité.
Bethagidea (nº 117). Apparaissent deux tours encadrant une porte, flanquées de chaque côté de deux trapèzes qui peuvent être la vision en perspective de la courtine plutôt que des constructions.
Edraïn (nº 118). Figurent trois tours et une porte auxquelles s'ajoutent deux triangles, l'un entre deux tours et l'autre par derrière. Donner, nº 113, refuse de voir une église parce qu'il n'y a pas de couleur rouge.
"Madebena, actuellement Mênois" (nº 121). Courtine avec deux tours et une porte.
Sukomazôn (nº 122). Une église symbolisée par le fronton et la façade et deux pans de toiture, entre deux tours.
B[êt ?]ulion (nº 128). Vignette mutilée. On distingue la toiture rouge d'une église.
Rhinokoroura (nº 130). Evêché d'Augustamnica I. Trois tours, une porte, et la courtine à l'intérieur de la quelle se détachent des toitures rouge (Donner voit deux églises). La porte peut appartenir aussi à la façade d'une église unique.
Ostrakinê - Ostracine (nº 131). Evêché d'Augustamnica I. On voit une basilique dont la façade est clairement reconnaissable entre deux tours. Des fouilles menées pendant deux périodes différentes ont permit de dégager deux basiliques.
To Kasin = Kasion, Kasin, etc. (nº 132). Le sanctuaire anciennement réputé et évêché d'Augustamnica I est représenté par une courtine, deux tours et la façade d'une église. A Umm al-Rasas, la représentation correspondante est très simplifiée : deux tours ou un bâtiment et une tour 34.
Tanis (nº 143). L'image de l'ancienne métropole et évêché d'Augustamnica I est très modeste : deux tours élancées encadrant un court segment de muraille, à gauche duquel s'ajoutent deux constructions, une basse et une plus haute en arrière plan.
Thmouïs (nº 144). Evêché d'Augustamnica II. La vignette est faite d'une tour devant laquelle un segment de toiture rouge semble coiffer une porte (ce peut être aussi le vestibule de l'église) ; à droite, église assez maladroite à toiture rouge, avec une porte sur le côté.
Saïs (nº 147). Evêché d'Aegyptus I. Petite image dont il ne reste que le haut d'une tour.
Xois (nº 149). Evêché d'Aegyptus II près de Buto. La vignette est faite de trois tours avec une porte et un segment de mur.
Ê Paulinou (nº 152). La localité, non identifiée, est peut-être une graphie fautive pour Paralos 35, bien qu'elle ne soit pas sur la côte. Elle est représentée par deux tours qui semblent couvertes en terrasse (mais la couverture est rose), une porte et un segment de mur.
Ermoupolis - Hermopolis parva (nº 153). Evêché d'Aegyptus I. L'image montre trois tours, une porte et deux segments de murs.
Chortasô (nº 154). La localité (sans doute en Aegyptus II) est connue à cause de ses deux martyrs de la Persécution de Dioclétien et de Galère. Elle n'apparaît pas dans les listes importantes, mais est mentionnée par Etienne de Byzance et dans les documents papyrologiques 36. L'image est faite de deux tours encadrant une porte avec à gauche, un segment de mur ou une autre construction.
Kainoupol(is) (nº 155). La localité est inconnue d'après Donner (nº 146), mais elle est évidemment identique à Kynopolis (Cynopolis inferior plutôt que Cynopolis superior d'après l'emplacement, en Aegyptus II et sur la branche centrale du delta du Nil, peut-être aussi Panaou qui est représentée à Umm al-Rasas 37 comme une coupole entre trois tours. Ici, l'image, légèrement incomplète, est faite de deux tours et deux segments de murs.



Représentations de villages par une porte entre deux tours
Nous avons déjà trouvé des vignettes de ce type dans la série précédente, mais je les ai classées à part à cause de la présence de quelques détails non canoniques (notamment l'existence de toitures à l'intérieur, ou une répartition des tours différente).
On compte environ 35 images de ce type, surtout autour de Jérusalem et au Nord de celle-ci : beaucoup sont difficiles à identifier et à décrire dans la zone sombre, a fortiori dans la partie brûlée.
Il s'agit de l'image 'standard' de la petite agglomération – comme le prouve son usage pour des localités anonymes, destinées à peupler la carte –, la plus courante aussi sur la Carte de Peutinger et qui n'a aucun rapport avec une fortification effective, dont la plupart des villages devaient être dépourvus.
[Sê]lô - Shiloh (nº 34). Donner n° 31.
Garizim (nº 43). S'agit-il du village ou de l'église ?
Sichem ou Sikima ou Salem (nº 40). Beaucoup d'auteurs anciens ne sont pas d'accord avec Eusèbe qui est la source de cette triple dénomination. L'identification de la ville de Melchisédech a été largement discutée. Il existe à gauche une vignette assez claire et à droite, sur fond noir ou brûlé, trois vignettes alignées, qui semblent toutes du type "porte entre deux tours" et qui sont difficiles à attribuer à un village plutôt qu'un autre (voir infra n° 49-50).
Le signet de la tour entre deux portes (nº 36) est attribué par Donner à Dôthaim d'après l'Onomasticon d'Eusèbe.
Autre signet à l'Ouest du n° 37, sans nom conservé.
Theraspis (nº 45). Le type de la vignette, mutilée, n'est pas assuré.
Remmôn (nº 47). Peu lisible.
Louza ou Bethel (nº 48). Peu distinct. La position de l'agglomération est erronée sur la carte : elle se trouve entre Jérusalem et Neapolis.
Sa[...] (nº 49). Peu distinct. Nom de village mutilé auprès duquel on voit une vignette de porte entre deux tours, elle-même mutilée, dont le rapport avec le nom n'est pas assuré puisque le symbole est normalement en dessous du nom.
Ailamôn (nº 50). Peu distinct.
Gophna (nº 51).
Gabaôn (nº 52). Très peu distinct. Voir supra pour l'identification de la vignette.
Rama (nº 53). Très peu distinct. Il existe sur fond noir ou brûlé trois vignettes schématiques alignées, qui semblent toutes du type "porte entre deux tours" et qui sont difficiles à attribuer à un village plutôt qu'un autre (voir supra n° 40 et ci-dessous).
Armathem ou Arimathea (nº 54). Peu distinct.
Autre village anonyme dans la montagne d'Ephraïm.
To Tetarton (nº 60). Station au IVe mille.
To Enna (nº 61). Station au IXe mille.
Bethôrôn (nº 62). Peu distinct.
Betomelgezis (nº 64).
"Adiathim, actuellement Haditha" (nº 65).
"Modeeim, actuellement Moditha" (nº 66).
Thamna (nº 67).
"Anob, actuellement Betoannaba" (nº 68).
Rama (nº 73). Donner, nº 76, remarque que le village est représenté à la place de l'église érigée sur le lieu de repos de la Vierge.
Saphitha (nº 81).
Morasthi (nº 83). Associé au sanctuaire de saint Micah.
Quatre villages anonymes sont représentés ainsi dans un espace désertique à l'Est du port d'Ashdod (n° 97).
Arad (nº 105). Il s'agit d'une cité historiquement importante et dont les vestiges sont assez considérables.
Asemôna (nº 106). Le crénelage des tours est assez clairement suggéré.
Gerara (nº 107). On remarquera que la modestie de la vignette contraste avec la légende qui exalte le passé de la ville.
Seana (nº 120).
To Pentascho[i]non (nº 133). Localité d'Augustamnica I, mentionnée par Georges de Chypre et dans le Synecdèmos d'Hiéroclès. Il n'est pas exclu qu'on puisse deviner un fronton entre les deux tours : en ce cas, ce serait une église qui serait suggérée.

Représentations de villes ou de villages par un seul bâtiment
Cette catégorie est un peu artificielle : elle ne comprend que deux images, de structure très différente:
Thauatha (nº 119). La localité est représentée par un morceau de courtine et une tour. Si cette image était plus complexe, elle rentrerait dans la quatrième section.
Sethroitês = Heracleopolis parva (nº 142). L'évêché d'Augustamnica I est représenté, semble-t-il, par une église à trois nefs avec la claire-voie fortement surélevée et peut-être précédée d'un escalier.
A Umm al-Rasas, l'image correspondante est, paradoxalement, plus complexe 38 : elle montre entre deux tours deux bâtiments en forme de basilique (mais il n'est pas exclu que ce soient deux faces du même édifice).

Sanctuaires ou lieux sacrés individualisés
Par définition, cette section comprend des vignettes qui sont rendues toutes différents, au moins par un élément symbolique de leur fonction (source) ou par une figuration de l'objet de vénération, parfois par la représentation de la forme spécifique du sanctuaire. Nous en comptons dix.
Si certaines images s'imposent (les douze pierres, le chêne de Mambré), on ne voit pas de critère véritable dans certains cas pour le choix de ce type de représentation au lieu du type conventionnel formant la catégorie suivante. Certaines images sont d'ailleurs proches de ce type de sanctuaire indifférencié (sanctuaire de saint Victor à Maioumas où il n'existe plus qu'un portique de façade) ou d'un autre type conventionnel (par exemple de village pour le sanctuaire de Jonas), alors que, en sens inverse, au moins une ville est représentée comme un sanctuaire (Sethroitis voir supra).
"Ainôn, actuellement Sapsaphas" (nº 17). La source, l'un des lieux où Jean aurait baptisé, est représentée par une conque avec le flot qui s'écoule. On ne montre ni l'église, ni le monastère mentionnés par les pèlerins.
Therma Calliroes (nº 21). Le sources sont représentées par trois bassins de forme différente – dont un alimenté en amont – dont l'eau s'écoule dans la Mer Morte.
Bêtomarsea ou Maioumas (nº 28). Les sources sont représentées schématiquement sous la vignette qui figure un bâtiment à coupole entre deux ailes. Donner (nº 12) n'a pas compris qu'il s'agissait d'un unique bâtiment (peut-être thermal dans ce cas) dont l'image est analogue à plusieurs des vignettes de Ma'in, notamment à celle d'Esbounta et à celle de Maioumas dont l'identification a été parfois discutée mais qui doit être, d'après le voisinage, le port de Gaza 39.
To tou Hagiou Elisaiou (nº 11). Source et sanctuaire d'Elisée. On voit une silhouette encadrée de deux tours avec, au centre, un toit rouge (je ne crois pas qu'il s'agisse d'une coupole comme le veut Donner, nº 25) au-dessus d'un segment de muraille percé d'une porte. L'ensemble représente l'enceinte et le sanctuaire, mais pourrait être aussi une décomposition d'une église conventionnelle. Dans ce cas, le monument devrait être classé dans la catégorie suivante.
Galgala ou Dôdekalithon (nº 10). La localité est représentée par une église conventionnelle, à laquelle le mosaïste a ajouté un rectangle avec les douze pierres (qui étaient, en fait, dans l'église derrière l'autel).
To tou hagiou Ionas (nº 91). Deux tours encadrent un édifice dont on voit la porte et la toiture rouge. Cette image est une synthèse entre une représentation banale de sanctuaire et un symbole de village.
To tou hag(iou) Philippou, etc. (nº 77). A côté d'une église conventionnelle, on voit un disque cerné de noir, avec le centre ocre : il s'agit du bassin où Philippe a baptisé l'eunuque de la reine Candace, effectivement à quelque distance de l'église.
Arbô ou le [te]rebinthos - Mambré (nº 78). A côté d'une église conventionnelle symbolisant le sanctuaire (qui était enfermé dans une enceinte avec le chêne, figuré ici à droite), apparaît un bâtiment à deux étages avec un portique qui représente peut-être le monastère, mais peut être aussi une vue de l'intérieur de l'église.
Tou hagiou Zachariou (nº 80). Le sanctuaire de saint Zacharie se présente comme un théâtre (comparer à Gaza: nº 123) 40 : il est composé d'un portique de façade, d'une façade à trois portes (celle du centre étant semi-circulaire), d'un portique semi-circulaire encadrant une cour où se trouvait la tombe vénérée ; l'église elle-même ne serait pas figurée (à moins qu'il y ait une coupole au centre du portique).
To tou hagiou Victoros (nº 125). L'église qui contenait la tombe de ce martyr est décrite par le pèlerin de Plaisance dans la ville de Maioumas-Neapolis et non en dehors comme elle est représentée ici. L'élément qui s'ajoute à l'image d'église conventionnelle est le portique qui précède le sanctuaire.

Sanctuaires non individualisés: églises à toit en batière
Sans prétendre être exhaustif (à cause des difficultés de repérage dans les parties mutilées, sombres ou brûlées), j'en ai décompté sept :
Bethabara, to tou hagiou Iôannou tou Baptismatos (nº18).
To tou hagiou L[ôt] (nº 23). Voisin de Zoara, ce sanctuaire, représenté ici conventionnellement, vient d'être fouillé sous la direction de K. Politis (voir sa contribution).
"Alôn Atath, maintenant Bêthagla" (nº 19).
Opou ê pêgê tou Iacôb - Source de Jacob (nº 41).
Gêths[emanê] (nº 57). A la petite église en perspective semble ajoutée une paroi à gauche : on a voulu, sans doute, montrer trois côtés.
[Hébron] (nº 78) : au Sud de Mambré (voir supra).
Tou hagiou Michaiou (nº 82).



Conclusions
Nous ne prendrons pas position ici sur les critères de sélection des localités à représenter et les choix de localisation. Le problème de la sélection se pose surtout pour les villes égyptiennes qui sont en général des évêchés, mais pas forcément les plus importants, et dont le choix – qui ne recouvre pas exactement celui de la bordure nilotique d'Umm al-Rasas – ne peut s'expliquer non plus par un itinéraire de pèlerinage 41. On sait que P. Donceel-Voûte a proposé une clef de lecture 42, faisant de la carte et des séries de représentations à Umm al-Rasas et Ma'in des instruments de propagande orthodoxe exaltant les communautés fidèles aux doctrines chalcédoniennes et à l'allégeance papale autour du patriarcat de Jérusalem contre l'église copte et l'allégeance à Constantinople. Mais cette hypothèse ne peut être prouvée pour l'Egypte dans l'ignorance de la répartition exacte de communautés orthodoxes, et elle repose sur un rapprochement entre une documentation figurée du milieu du VIe siècle et une autre du VIIIe siècle (quelle que soit la date exacte) avec la correspondance de Grégoire le Grand autour des années 600 et celle du pape Martin au milieu du VIIe siècle, c'est-à-dire une documentation totalement hétérogène, et de nature et d'époque. Cependant la piste ouverte n'est pas inintéressante pour l'Egypte, surtout l'intérieur du delta, où la sélection de la carte ne repose probablement pas sur un total arbitraire.
Sur les 123 vignettes recensées, il n'existe que 16 villes dont la représentation est nettement individualisée et 10 sanctuaires ou curiosités géographiques qui possèdent au moins un symbole propre. Le choix représente une certaine hiérarchie pour les villes qui sont toutes des agglomérations importantes, en général des évêchés. Mais quelques autres du même rang et des centres de pèlerinage de première grandeur (par exemple Bethléem) sont traités à un niveau inférieur de représentation sans explication apparente autre que des questions de place : par exemple, pour le delta égyptien Nikiu et Athribis sont relativement détaillés (d'ailleurs de deux façons différentes), alors que les autres agglomérations, plus tassées vers le Nord du delta, sont très schématiques (il reste à se demander pourquoi on a voulu représenter celles-là à cet endroit: voir supra).
Le type de représentation en vue plongeante (13 plus ou moins complètes parmi les villes, plus le sanctuaire de Zacharie) est très disparate : seule la topographie de Jérusalem dans son ensemble paraît réaliste ; parmi les monuments, seuls l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, le théâtre de Gaza, l'église de Diospolis avec son atrium (?) semi-circulaire, le sanctuaire de Zacharie manifestent un certain rapport avec l'architecture du lieu (ainsi qu'avec l'emplacement probable pour Gaza), sans compter une demi douzaine de "tholoi" d'interprétation discutée.
Ailleurs, on retrouve, avec une volonté constante de variété et peut-être dans certains cas un souhait d'approcher la réalité que nous ne pouvons pas vérifier, les éléments courants de symbolisation de la ville : enceinte plus ou moins complète (avec quelques exceptions de villes apparemment ouvertes), éléments de voies à portiques et esquisse de plan en échiquier généralement incomplet, présence obligée d'églises conventionnelles avec d'autres bâtiments non caractérisés. Cette typologie de la représentation de la ville, que nous avons déjà évoquée, est de tradition ancienne et bien attestée dans les autres mosaïques de Jordanie de différentes époques, à Gerasa, Samra, Umm al-Rasas. Elle a un caractère suffisamment générique pour qu'on puisse hésiter sur une identification quand elle n'est pas explicitée par une inscription : P. Donceel-Voûte a peut-être raison de supposer qu'à Samra et à Gerasa, on doit chercher une représentation de la communauté locale face à une image de grande métropole ecclésiastique là où la vignette est anonyme ou l'inscription disparue 43. On constate aussi que cette représentation, parce qu'elle est générique, peut être totalement différente pour la même ville suivant le type de décor et l'époque (par exemple à Gerasa ou Madaba et à Umm al-Rasas).
Le reste des vignettes se répartit en quatre catégories purement conventionnelles :
-33 alignements variés dans le détail (type : Jéricho) de tours, courtines, portes et parfois des toitures ou frontons de bâtiments qui, à Madaba, sont sans doute des églises.
- 35 vignettes de portes entre deux tours.
- 8 bâtiments en perspective grossière (plus une demi-douzaine d'autres agrémentés d'un détail supplémentaire) symbolisant un sanctuaire et une fois au moins une localité.
- 1 représentation de bâtiment à abside ouvert (source de Maioumas en Transjordanie) qu'on trouve à Ma'in ou à Umm al-Rasas pour symboliser seule une agglomération.
Les deux premières se retrouvent dans la tradition de la cartographie antique (carte de Peutinger) et la répartition correspond en général à une hiérarchie relativement précise des statuts ou de l'importance des agglomérations. Ici le partage semble arbitraire et fonction de la place disponible : les vignettes les plus larges et les plus complexes se retrouvent dans les parties les moins denses de la carte de Madaba ; les vignettes simples de porte entre deux tours sont surtout concentrées dans la partie la plus chargée autour et au nord de Jérusalem.
Les deux types de symboles de sanctuaires (en perspective ou ouverts) sont aussi dans la tradition de la représentation du bâtiment de prestige de l'Antiquité. Il a été démontré que le choix entre les deux est surtout une question de contexte, l'ouverture étant préférée quand on a besoin de montrer ou de peupler l'intérieur 44. A Madaba, pour des raisons évidentes de place et d'absence de scènes représentées, le type fermé domine largement.
Au total, les conventions de la représentation architecturale traditionnelle dans l'Antiquité tardive expliquent 90% des vignettes de la carte. Un soupçon de réalisme ou une volonté d'individualisation marquent une vingtaine d'images. Seuls la topographie de Jérusalem et quatre ou cinq monuments sont clairement caractérisés.


NOTES

1 Bibliographie principale :
- Représentations de villes : synthèse récente de J. Deckers, Traditio und Adaptatio : Bemerkungen zur Darstellung der christlichen Stadt, dans Röm. Mitt., 95, 1989, p. 303-382. Résumé dans Actes XIe CIAC, Lyon-Vienne-Grenoble-Genève-Aoste 1986, Rome, 1989, p. 1283-1305. Auparavant : M. Rostowzew, Die hellenistisch-römische Architekturlandschaft, dans Röm. Mitt., 26, 1911, p. 267-283 ; E. B. Smith, Architectural Symbolism of Imperial Rom and the Middle Ages, Princeton, 1956 ; I. Katz, Les représentations de villes dans l'art chrétien avant l'an Mil (thèse Paris 1961) résumée dans I. Ehrensperger-Katz, Les représentations de villes fortifiées dans l'art paléochrétien et leurs dérivées byzantines, dans Cahiers arch., 19, 1969, p. 1-27 ; A. et E. Levi, Itineraria Picta, Rome, 1967 ; G. Wataghin Cantino, Veduta dall'alto e scena a volo d'ucello. Schemi compositivi, dall'ellenismo alla tarda antichità, dans Riv. dell'Ist. Naz. di Arch. et St. , n. s., 16, 1969, p. 30-107 ; U. Anbauer, Antike Stadtdarstellungen, diss. Wien, 1970 ; L. Schneider, Die Domäne als Weltbild : Wirkungsstrukturen der spätantiken Bildersprache, Wiesbaden, 1983 ; B. Kühnel, From the earthly to the heavenly Jerusalem : Representations of the Holy City in Christian Art of the First Millennium (Röm. Quartalschrift 42 Suppl. Heft), Roma-Freiburg-Wien, 1987. Il faut ajouter les communications groupées dans les Actes XIe CIAC 1986 : F. Bisconti, Le rappresentazioni urbane nelle pitture cimiteriale romane, p. 1305-1321 ; F. Rickert, Zu den Stadt- und Architekturdarstellungen des Ashburbham Pentateuch, p. 1341-1354 ; U. Koenen, Die brennenden Stadt : Sodom in spätantiken Darstellungen, p. 1355-1367, et la discussion, p. 1368-1370.
- Sur les principes de représentation architecturale en général (voir aussi les travaux précédents) : P. Gauckler, Mosaïques tombales d'une chapelle des martyrs à Tabarka, dans Monuments Piot, 13, 1970, p. 190 (Ecclesia Mater de Tabarka) ; E. Dyggve, Ravennatum Palatium Sacrum, Copenhague, 1941 ; M. Turcan-Déléani, Les monuments représentés sur la colonne Trajane. Schématisme et réalisme, dans MEFR, 70, 1958, p. 149-176 ; G. Egger, Die Architekturdarstellungen in spätantiken Relief, dans Jahrb. d. kunsthist. Inst. in Wien, 55, 1959, p. 7-30 ; P. Lampl, Schemes of Architectural Representation in Early Medieval Art, dans Marsyas (New York), 9, 1960-1961, p. 6-13 ; G. De Francovich, Il palazzo di Teodorico e la cosidetta "Architettura di potenza". Problemi d'interpretazione di riffagurazioni architettoniche nell'arte.tardo-antica e medioevale, Rome, 1970 ; T. Sarnovski, Les représentations de villas sur les mosaïques africaines tardives, Varsovie, 1978.
- Mes interprétations : N. Duval, La représentation du palais dans l'art du Bas-Empire et du Haut Moyen Age d'après le Psautier d'Utrecht, dans Cah. arch., 15, 1965, p. 207-254 ; Représentations d'églises sur mosaïques, dans Revue du Louvre, 22, 1972, p. 441-448 ; Une basilique à tours sur une mosaïque du Louvre, dans Rev. arch., 1972, p. 365-372 ; La mosaïque du "Palatium" de Saint-Apollinaire-le-Neuf représente-t-elle une façade ou un édifice aplani ?, dans XXV. Cors. rav., 1978, p. 93-122 ; La représentation des monuments dans l'Antiquité tardive (à propos de Sarnovski et de Billig), dans Bull. Mon., 138, 1980, p. 79-95 ; L'iconographie des "villas africaines", dans IIIe Coll. d'hist. et d'arch. de l'Afrique du Nord Montpellier 1985, Paris, 1986, p. 136-176 ; L'architecture sur le plat en argent dit "à la villa maritime" de Kaiseraugst : un essai d'interprétation, dans Bull. mon., 146, 1988, p. 341-353.
- Représentations architecturales de Jordanie-Palestine et iconographie des villes égyptiennes (en dehors de la bibliographie antérieure sur la carte de Madaba : voir M. Piccirillo, Madaba) : F.M. Biebel, The Walled Cities of the Gerasa Mosaics, dans Kraeling (éd.), Gerasa, City of the Decapolis, New Haven, 1938, p. 341-351 ; M. Avi-Yonah, The Haditha Mosaic Pavement, dans IEJ, 22, p. 121 et pl. 120-123 ; M.-H. Quet, Pharus, dans MEFRA, 96, 1984, p. 817-833 ; N. Duval, L'iconographie architecturale dans les mosaïques de Jordanie dans les catalogues de l'exposition itinérante des mosaïques 1986-1988, surtout celui de Lyon, 1988, p. 207-214 ; P. Donceel-Voûte, La carte de Madaba : cosmographie, anachronisme et propagande, dans Rev. bibl., 95, 1988, p. 519-542 ; N. Duval, "Le rappresentazioni architettoniche" in M. Piccirillo - E. Alliata, Umm al-Rasas - Mayfa'ah, I, Jérusalem, 1994, p. 165-208 et pl. I-XXIII. Ajouter les deux articles cités ci-après de G. Ortolani et G. Carnuti.

2 Voir récemment, par exemple, G. Brunel, Observations sur l'architecture sur les sceaux médiévaux, in Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France, 1995, p. 265-270 et mes observations, p. 270-271.

3 Elle a été remise en cause récemment dans un ouvrage qui est la publication d'un travail universitaire : L. Diego Barrado et F. Galtier Martí, La morada del poderoso entre el mundo antiguo y el medieval. El palacio di Teodorico en Ravenne, Zaragoza, 1997. Voir mon compte rendu dans la Revue des Etudes Augustiniennes.

4 J. Deckers, Traditio and Adaptation. op. cit., in Röm. Mitt., 95, 1988..

5 G. Ortolani, Cartografia e architettura nella 'carta di Madaba', in Palladio, n. s., t. 7, n° 14, p. 55-68 : comme J. Deckers, il conserve cependant une interprétation traditionnelle (églises à tours) pour les images de l'église des Saints-Lot-et-Procope à Kherbet el Mukhayat et de l'église du prêtre Wail à Umm er-Rasas. Un autre article récent, paru en 1996 mais rédigé en 1991, ne traite que du choix des villes représentées sur les différentes mosaïques de Jordanie et des itinéraires, sans indications originales sur le mode de représentation : G. Canuti, Mosaici di Giordania con raffigurazioni di città: itinerari di pellegrinaggio, in Akten des XII. Internationalen Kongresses für Christliche Archäologie, Bonn 1991 (Jahrbuch f. Antike und Christentum, Erganzungsband 20), Münster, 1995 [1996], p. 617-629.

6 Mon recensement ne prétend pas être complet et je peux avoir fait des erreurs de classement, en particulier pour les vignettes noircies par le feu ou ressortant mal sur fond sombre.

7 Je me réfère pour les numéros et les descriptions au guide en anglais d'H. Donner, The Mosaic Map of Madaba, (Palaestina Antiqua, 7), Kampen, 1992, avec en encart le dessin de la carte, et dans le texte la série de notices sur les sites Le programme-poster du centenaire permet de contrôler les dessins avec la photographie en couleurs. Je me suis servi aussi des excellentes photographies de détail du calendrier réalisé à l'occasion du centenaire et de celles, moins complètes, reproduites dans The Mosaics of Jordan.

8 Op. cit., p. 60, fig. 4.

9 P. Donceel-Voûte, op. cit., in Revue Biblique, 95, 1988, p. 520-521. Il est inutile de rappeler, tant cet aspect a été souvent traité dans les travaux récents, qu'au contraire la platea, toujours reconstruite après les tremblements de terre, est un élément constant de l'urbanisme de cette période, aussi bien en Orient qu'en Occident.

10 Voir l'article Madaba de Dom Leclercq dans le DACL (1931), col. 835-849, qui résume à cette date la communis opinio et reproduit les dessins. H. Donner donne, op. cit., p. 87-94, la liste des identifications qu'il croit assez sûres pour être présentées au grand public, auquel son livre est destiné.

11 Sur le dessin souvent reproduit du P. M. Gisler (paru dans Vincent et Abel, Jérusalem), la restitution d'une colonnade à cet emplacement paraît arbitraire.

12 Voir ma description : Umm al-Rasas - Mayfa'ah I, p. 167-171 et pl. III.

13 Umm al-Rasas - Mayfa'ah I, p. 169-171 et pl. II.

14 Umm al-Rasas - Mayfa'ah I, p. 177-179 et pl. X.

15 H. Donner précise dans la notice de 1992 qu'on ne connaît pas d'église à Péluse, alors qu'on a fouillé une (une rotonde avec un baptistère) au centre de la cité, et deux autres importantes en périphérie.

16 Description : Umm al-Rasas - Mayfa'ah I, p. 186-187 et pl. XIX.

17 Description : Umm al-Rasas - Mayfa'ah I, p. 185-186 et pl. XVII.

18 Mosaics of Jordan, p. 200-201, fig. 309.

19 Voir la photographie de détail, The Mosaics of Jordan, p. 91, fig. 77 : le trapèze est composé de trois triangles, deux droits (avec chacun une ouverture noire) et un renversé : ce sont les frontons qui font penser à une église mais la composition est curieuse.

20 Description : Umm al-Rasas - Mayfa'ah I, p. 184-185 et pl. XVI.

21 The Mosaics of Jordan, p. 200-201, fig. 310.

22 Umm al-Rasas - Mayfa'ah I, p. 183-184 et pl. XV.

23 The Mosaics of Jordan, p.200-201, fig. 306, 309.

24 Umm al-Rasas - Mayfa'ah I, p. 179-180 et pl. XI..

25 Umm al-Rasas - Mayfa'ah I, p. 176-177 et pl. IX.

26 The Mosaics of Jordan, p. 197, fig. 299.

27 Commentaire : Mosaïques byzantines de Jordanie (exposition Lyon, 1989), p. 211.

28 P. Voûte-Donceel m'a objecté pendant le colloque que la coupole reposant sur une colonnade serrée ou au contraire sur trois colonnes, avec une au centre, ne pouvait correspondre à une réalité architecturale et ne convenait en tout cas pas à une abside : ce type de réaction paraît méconnaître l'esprit de ces représentations qui juxtaposent des éléments symboliques des différentes parties de l'édifice sans se soucier de la viabilité de l'ensemble. Voir, dans le même sens, G. Ortolani, op. cit., p. 61.

29 G. Canuti, op. cit., in XII für christl. Archäologie, fournit, p. 623-624, deux cartes localisant les cités dont le symbole figure dans les séries d'Umm er-Rasas et de Ma'in.

30 Même interprétation par G. Ortolani, op. cit. p. 62. Donner parle à tort d'une rue courbe. Pour la place, on pense à celle qui fait face à la cathédrale de Stobi, pour l'atrium semi-circulaire, par exemple au Lechaion de Corinthe ou à Damous el Karita à Carthage.

31 Umm al-Rasas - Mayfa'ah I, p. 182-183 et pl. XIV.

32 Mosaics of Jordan, p. 199, fig. 303.

33 Commentaire : Mosaïques byzantines de Jordanie (exposition Lyon, 1989), p. 211.

34 Umm al-Rasas - Mayfa'ah I, p. 191 et pl. XXI.

35 Cf. P. Voûte-Donceel, A Geography of Orthodox Egypt in Palestinian Documents, in Actes du IVe Congrès copte Louvain 1988, Louvain, 1992, p. 108, n. 28.

36 Cf. P. Voûte-Donceel, op. cit., p. 107, n. 27.

37 Umm al-Rasas - Mayfa'ah I, p. et pl. .

38 Umm al-Rasas - Mayfa'ah I, p. 189 et pl. XX.

39 Mosaics of Jordan, p. 201, fig. 308, 310, cf. mon commentaire, Mosaïques byzantines de Jordanie, 1989, p. 211.

40 Voir les remarques similaires aux miennes de G. Ortolani, op. cit., p. 62.

41 G. Canuti, op. cit. dans XII. Kongress für christliche Archäologie.

42 Op. cit., in Revue biblique, 1988, et IVe Congrès copte de 1988, p.98 -114.

43 Op. cit., in IVe Congrès copte, p. 101, n. 6 et p. 103, n. 13.

44 C'est la thèse de mon article des Cahiers archéologiques de 1965.



This article was first published in: The Madaba Map Centenary 1897-1997, Jerusalem 1999, 134-146.

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