"You are looking for Jesus the Nazarene, who was crucified.
He has risen! He is not here. See the place where they laid him. " (Mark 16,5)

RESURREXIT SICUT DIXIT. ALLELUIA!

Pèlerinage à Gethsémani


Vianney Delalande, ofm

Another angle of the facade

"L'agonie de Jésus sous les oliviers est centrale dans ma prière, plus que la croix, disait un professeur de lycée. Car c'est là que s'est décidée de fait la destinée spirituelle de notre monde dans ce colloque dramatique entre Jésus et son Père: 'Père, non pas ma volonté, mais la tienne'."

L'enclos des oliviers au-dessus de la Grotte

Beaucoup parmi les groupes que je guidais ont été séduits par la demi-heure ou l'heure vécue dès l'abord dans la partie du Jardin des Oliviers non ouverte aux touristes, réservée aux pèlerins qui souhaitent un lieu et un moment de recueillement et de prière. L'entrée de cet enclos fait face à l'entrée vers l'église de l'Agonie au nord du chemin.

Chacun étant assis sur l'herbe ou sur des bancs de pierre autour et au milieu de quelques oliviers centenaires aux troncs noueux, la lecture de l'évangile relatant la prière de Jésus à Gethsémani s'y fait dans le calme et elle précède un long temps de prière silencieuse, avec parfois le chant lyrique et dramatique Ô! Gethsémani!

"Ne trouvez-vous pas que Dieu le Père a été dur pour son Fils en voulant sa mort?" ­ demande une fois ou l'autre un pèlerin. La lecture de la parabole des vignerons homicides (Mt 21,33-46) est alors bienvenue pour dissiper la confusion. Dans cette parabole Jésus dépeint l'histoire de l'ancienne Alliance et sa propre histoire; le propriétaire qui a vainement envoyé d'abord ses serviteurs leur dépêche son propre fils en se disant: "Ils respecteront mon fils"; il ne veut pas la mort de son fils mais fait confiance à son fils pour réussir sa mission. La "pointe" de cette parabole est que Dieu le Père n'a pas envoyé Jésus, à la suite des prophètes, pour mourir mais pour annoncer la Bonne Nouvelle; la mort étant survenue comme conséquence de la fidélité de Jésus à sa mission (Eloi Leclerc, ofm, Le Royaume caché, p.146; Dieu plus grand, p.99; Rencontre d'immensité, p.141; Christian Duquoc, op, Christologie, II pp.19-51).

"Cette parabole me soulage", remarquent des pèlerins imbus jusque-là de l'interprétation calviniste et janséniste du Père frappant de châtiment le Fils en substitution des pécheurs. "J'ai toujours pensé ainsi", disent d'autres pèlerins. Tous admirent le Père qui fait confiance en son Fils et Jésus qui a assumé cette mission de confiance, jusqu'à en mourir.

Le jardin des très vieux oliviers

A venerable olive tree

C'est ensuite le parcours autour de la grille protégeant le jardin où deux oliviers millénaires et plusieurs autres centenaires, ainsi que le petit olivier planté par le pape Paul VI en janvier 1964, évoquent le cadre et l'horizon de la prière d'agonie morale de Jésus.

L'église de l'agonie

spot of the suffering

Très souvent c'est seulement en silence que peut être visitée cette église, parce que s'y célèbre la messe d'un autre groupe. Cet édifice, bâti entre 1922 et 1924, remplace une église du Moyen Âge ruinée au XIVe siècle et il se trouve construit sur les vestiges de l'église byzantine de la fin du IVe siècle. Son architecte Barluzzi a voulu et a conséquemment créé une pénombre propice au recueillement. Il a entouré d'une clôture en forme de couronne d'épines le rocher qui était considéré au IVe siècle comme le lieu de la prière de Jésus, rocher au centre du sanctuaire, devant l'autel.

Seuls méritent d'attirer les regards des pèlerins ce rocher et les trois grandes mosaïques représentant l'agonie dans l'abside centrale, le baiser de Judas dans l'abside nord et l'arrestation de Jésus dans l'abside sud.

Les touristes peu ou pas chrétiens s'intéressent surtout aux quelques fragments de mosaïque byzantines visibles au sol sous des vitrines ainsi qu'aux armoiries des pays qui ont contribué à la construction de cette église. A cause de ces blasons, par une "sécularisation" indue, ils l'appellent "l'église des nations". Pour les pèlerins chrétiens le nom authentique est celui d' "église de l'Agonie".

Le même architecte italien a bâti en même temps l'église de Gethsémani et l'église du mont Thabor; il les a voulues en contraste, l'une sombre et aux dômes assez bas, l'autre lumineuse et à la voûte surélevée. Jean Guitton a parfaitement exprimé ce contraste en écrivant: "Il y a eu deux transfigurations dans la vie de Jésus: la transfiguration en sommet par la Gloire au Thabor et la transfiguration en bas-fond par l'angoisse à Gethsémani."

La grotte de Gethsémani

Au-dessous du jardin, à 12 m au-dessus du lit de la vallée du Cédron se trouve la grotte qui a donné son nom à tout le jardin. Gethsémani signifie "pressoir d'huile".
The grotto of the betrayal

Une crue du Cédron, le 23 novembre 1955, a rempli de flots boueux cette grotte et a donné l'occasion à un archéologue, le P. Corbo, ofm, d'étudier cette grotte en 1955-1956, après qu'elle fut nettoyée. Il a pu identifier une cavité creusée à la main pour loger le bras d'un pressoir à huile. Il s'agissait bien d'une grotte où un artisan transformait en huile les olives recueillies sur la colline. D'où le nom de Gethsémani.

Il semble que dans les premiers siècles elle était un lieu de repas pour les judéo-chrétiens en souvenir des dîners que Jésus y prenait. Dès le IVe siècle elle fut aménagée en chapelle. Au Moyen Âge elle dépendait des Bénédictins de l'abbaye de Josaphat. Depuis 1361 elle est la propriété de la Custodie de Terre Sainte. Peu de touristes la visitent. Beaucoup de groupes chrétiens aiment y célébrer la messe. C'est là que la plupart des groupes français que j'ai guidés célèbrent l'eucharistie, dans le calme.

Cette grotte de Gethsémani a reçu le nom de "grotte de la Trahison". D'après les récits évangéliques Jésus y a laissé huit apôtres pendant qu'il allait avec trois apôtres au lieu de l'agonie. Plus tard, c'est là que le douzième apôtre, Judas, est venu l'arrêter (Jn 18,2).

Parce que chaque pèlerin expérimente dans sa vie des souffrances soit personnelles, soit familiales, soit sociales, soit ecclésiales ..., le pèlerinage à Gethsémani est un temps fort pour donner un "sens", un sens chrétien à leurs souffrances.

"Jésus est venu parmi nous, a écrit Paul Claudel, non pour expliquer la souffrance des hommes, ni pour supprimer la souffrance des hommes, mais pour partager la souffrance des hommes."

L'église du tombeau de Marie

Près de la porte de la grotte se voit l'admirable façade, datant du Moyen Âge, d'une église qui n'existe plus.

Au-delà de cette porte un long escalier fait descendre jusqu'à une crypte où se trouve un tombeau qu'une tradition orientale du VIe siècle et certains archéologues considèrent comme le tombeau de la mère de Jésus. Bon nombre de pèlerins ont à coeur d'y aller prier.

Ô! Gethsémani!

Pour beaucoup de pèlerins, Gethsémani est un des lieux saints les plus émouvants. "Ce qui m'a frappé davantage durant ce pèlerinage, c'est Gethsémani, l'acceptation de la souffrance par le Christ. Il est difficile d'accepter la souffrance", disait l'un d'eux.

"Gethsémani m'a fait penser aux tempêtes de nos vies. Isolement du Sauveur; mais il a eu l'ange consolateur. Nous sommes appelés à être des anges consolateurs à l'égard de ceux qui souffrent", disait un autre.

"J'ai été très impressionné par les paroles de l'agonie de Jésus à Gethsémani. J'ai pu m'y recueillir malgré la foule", constatait un troisième.

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     Created / Updated Saturday, March 28, 1998 at 19:26:14
     by John Abela ofm for the Maltese Province and the Custody of the Holy Land
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