A l'ONU, la France prône l'ouverture du «club des cinq»

Paris propose d'intégrer de nouveaux membres permanents au Conseil de sécurité.

Par Jean-Dominique MERCHET

Liberation

samedi 25 septembre 2004

Aux Nations unies, tous les Etats sont égaux, mais certains ­ le «club» des cinq membres permanents du Conseil de sécurité ­ sont plus égaux que les autres. Les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni disposent d'un droit de veto et peuvent ainsi bloquer les résolutions qui leur déplaisent. D'autres Etats sont candidats à ce statut privilégié et la France vient de leur apporter officiellement son «soutien».

Jeudi à New York, dans son discours devant l'assemblée générale de l'ONU, le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, a explicitement soutenu la candidature commune de l'Allemagne, du Japon, du Brésil et de l'Inde, «qui devraient être accompagnés d'un pays africain». Il s'agirait là de la plus importante réforme des Nations unies depuis leur création en 1945, les cinq membres permanents étant les cinq pays sortis victorieux de la Seconde Guerre mondiale.

Aussitôt soutenue par les Britanniques, la prise de position française a suscité vendredi de nombreux grincements de dents (lire ci-contre). La diplomatie chinoise, hostile à l'entrée du Japon et de l'Inde, a mis en avant des «divergences importantes», alors que le quotidien China Daily estimait qu'«il faut plus que de l'argent pour un siège à l'ONU».

En Europe, la candidature allemande est très mal accueillie par l'Italie. Franco Frattini, son ministre des Affaires étrangères, a dénoncé les «desseins nationaux» de certains pays : «Nous ne pensons pas que les difficultés du Conseil puissent être résolues par des nouvelles nominations permanentes et irrévocables.» L'ancien chancelier allemand Helmut Schmidt a, lui, estimé qu'il n'était «pas nécessaire» que son pays obtienne un siège permanent : «Ce n'est pas dans l'intérêt de l'Allemagne d'être impliquée dans une décision importante de faire la guerre ou la paix n'importe où dans le monde.» L'Afrique du Sud est d'un avis contraire et s'est aussitôt déclarée «prête à assumer cette responsabilité». Tout comme l'Egypte, autre candidat déclaré.