Des affrontements éclatent dans toutes les villes chiites

Ce sont les combats les plus violents depuis la trêve en juin.

Liberation

samedi 07 août 2004

Une vaste offensive de la force multinationale et de la sécurité irakienne contre les miliciens du chef chiite radical Moqtada al-Sadr a fait depuis jeudi au moins 59 morts, selon les hôpitaux. L'armée américaine affirme pour sa part que «trois cents éléments des forces anti-irakiennes» ont été tués en trois jours dans la ville sainte de Najaf alors que les forces de la coalition auraient perdu trois hommes.

Ultimatum. Vendredi, l'US Air Force est entrée en action, tirant des roquettes sur le centre-ville et le cimetière où étaient retranchés les miliciens de l'armée du Mehdi, la milice de Moqtada al-Sadr. «Les opérations militaires vont se poursuivre à moins que l'armée du Mehdi quitte la province, et je lui donne vingt-quatre heures pour le faire à partir de la diffusion de cette déclaration», a déclaré à la presse le gouverneur de la province de Najaf, Adnan al-Zorfi , affirmant qu'«il n'y aura pas de compromis sur une nouvelle trêve».

Ces combats sont les plus violents depuis la trêve déclarée en juin entre les forces de la coalition et les dirigeants de la communauté chiite après deux mois d'insurrection. Le Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (Asrii, parti chiite représenté au gouvernement) a annoncé une réunion avec des représentants de Moqtada pour tenter de «trouver une solution pacifique à la crise».

Des affrontements sporadiques entre forces de la coalition et miliciens d'Al-Sadr ont également éclaté dans la plupart des villes chiites. A Bassora (sud), au moins cinq personnes ont été tuées et trois blessées lors de heurts avec les soldats britanniques. Les combats s'intensifiaient vendredi soir. A Nassiriya (sud), sept civils ont été tués et treize blessés pendant la nuit dans des combats entre miliciens et soldats italiens. A Amara, au moins huit civils ont été blessés lors de heurts entre miliciens chiites et soldats brit anniques. L'envoyé spécial de l'ONU, Jamal Benomar, a estimé vendredi que le fait que les violences continuent en Irak risquait de remettre en cause la Conférence nationale irakienne, prévue pour le 31 juillet et reportée à la mi-août à la demande des Nations unies.

Emblème. Le grand ayatollah Ali Sistani, 73 ans, figure emblématique des chiites d'Irak, est pour sa part arrivé vendredi à Londres, où il doit se faire soigner pour «un petit problème cardiaque», selon son porte-parole.

D'après AFP et Reuters