franciscan cyberspot
La Liturgie de Jérusalem selon Egérie (IV cent.)
(especiallement dans la Semaine Sainte)

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La semaine pascale.

Le samedi de Lazare

Quand vient la septième semaine, c'est-à-dire quand il n'en reste plus que deux, en la comptant, pour que ce soit Pâques, chaque jour, tout se passe comme les autres semaines précédentes; seulement, les vigiles qui, pendant ces six semaines, avaient eu lieu à l'Anastasis, ont lieu la septième semaine, le vendredi, à Sion, selon la coutume qu'on a observée à l'Anastasis pendant les six semaines. On dit, à toutes les vigiles, des psaumes et des antiennes toujours appropriés tant au lieu qu'au jour. Quand arrive le matin du samedi, au point du jour, l'évêque offre le sacrifice et fait l'oblation du samedi matin. Au moment du renvoi, l'archidiacre élève la voix et dit : «Que tout le monde soit là aujourd'hui à la 7e heure, au Lazarium.» -Quand arrive la 7e heure, tout le monde vient au Lazarium. Le Lazarium, c'est-à-dire Béthanie, est à peu près au 2e mille de la ville. Quand on va de Jérusalem au Lazarium, à peu près à cinq cents pas de cet endroit, il y a une église sur la route, là où vint au-devant du Seigneur Marie, sœur de Lazare. Donc, à l'arrivée de l'évêque, tous les moines viennent au-devant de lui; le peuple entre, on dit une hymne et une antienne, on lit le passage de l'évangile où il est dit que la sœur de Lazare vint au-devant du Seigneur. On fait une prière et tous ayant été bénis, on va de là jusqu'au Lazarium, au chant des hymnes. Quand on est arrivé au Lazarium, toute la foule s'y rassemble, si bien que non seulement l'endroit même mais tous les champs autour sont pleins de monde. On dit 'encore des hymnes et des antiennes appropriées au jour et au lieu, et, de même, toutes les leçons qu'on lit sont appropriées au jour. Au moment du renvoi, on annonce Pâques, c'est-à-dire qu'un prêtre monte sur un endroit élèvé et lit le passage où il est écrit dans l'évangile : «Jésus étant venu à Béthanie, six jours avant la Pâque» et la suite. Quand on a lu ce passage et annoncé Pâques, a lieu le renvoi. C'est ce jour-là qu'on fait cette cérémonie, parce qu'il est écrit dans l'évangile que six jours avant la Pâque, ceci s'est passé à Béthanie; en effet du samedi jusqu'au jeudi, où, après la Cène, la nuit, on se saisit du Seigneur, il y a six jours. Tout le monde donc revient à la ville, tout droit à l'Anastasis, et on fait le lucernaire comme d'habitude.



La Grande Semaine.

Le lendemain, qui est le dimanche où l'on entre dans la semaine pascale appelée ici «la grande semaine», après avoir célébré, dès le chant des coqs, ce qu'on a l'habitude de faire, à l'Anastasis et à la Croix, jusqu'au matin, le dimanche donc, au matin, on se rend comme d'habitude, à l'église majeure appelée le Martyrium. On l'appelle Martyrium, parce qu'elle est au Golgotha, c'est-à-dire derrière la Croix, là où le Seigneur a souffert sa passion, de là le nom de Martyrium'. Quand tout a été célébré comme d'habitude à l'église majeure, avant que le renvoi ait lieu, l'archidiacre élève la voix et dit d'abord: «Pendant toute cette semaine, à partir de demain, à la 9e heure, que tout le monde se rassemble au Martyrium, c'est-à-dire à l'église majeure.» De mème il élève la voix une seconde fois et dit : «Aujourd'hui, que tout le monde soit là, à la 7e heure, à l'Eléona.» Alors, quand on a fait le renvoi à l'église majeure, c'est-à-dire au Martyrium, on reconduit l'évêque au chant des hymnes à l'Anastasis et là, quand on a accompli tout ce qu'on a l'habitude de faire le dimanche à l'Anastasis après le renvoi du Martyrium, alors chacun regagnant sa maison se hâte de manger pour que, dès la septième heure, tout le monde soit là à l'église de l'Eléona, c'est-à-dire sur le mont des Oliviers où est la grotte dans laquelle enseignait le Seigneur.



La procession du dimanche.

Ainsi donc, à la 7e heure, tout le peuple monte au mont des Oliviers, c'est-à-dire à l'Éléona, à l'église, et l'évêque aussi; on dit des hymnes et des antiennes appropriées au jour et au lieu, et des lectures pareillement. Quand approche la 9e heure, on se rend au chant des hymnes à l'Imbomon 3, c'est-à-dire à l'endroit d'où le Seigneur est monté aux cieux et là on s'assoit. Tout le peuple toujours, en présence de l'évêque, est invité à s'asseoir, il n'y a que les diacres qui restent toujours debout. On dit encore là des hymnes et des antiennes appropriées au lieu et au jour - et de même des lectures qu'on intercale et des prières. Et quand approche la 11e heure (5 h.), on lit le passage de l'évangile où les enfants avec des rameaux et des palmes accoururent au devant du Seigneur, en disant - «Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur» Et aussitôt l'évêque se lève avec tout le peuple et alors, du haut du mont des Oliviers, on vient, tout le monde à pied. Tout le peuple marche devant l'évêque au chant des hymnes et des antiennes, répondant toujours : «Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur 1» Tous les petits enfants du pays, jusqu'à ceux qui ne peuvent pas marcher parce qu'ils sont trop jeunes, et que leurs parents portent à leur cou, tous tiennent des rameaux, les uns de palmiers, les autres d'oliviers; et ainsi on escorte l'évêque à la manière dont le Seigneur a été escorté ce jour-là. Du haut de la montagne jusqu'à la ville, et de là à l'Anastasis en traversant toute la ville, tout le monde fait tout le chemin à pied, même les dames, même les hauts personnages, tous escortent l'évêque en disant le répons; on va ainsi, tout doucement, tout doucement, pour ne pas fatiguer la foule et le soir est déjà venu quand on arrive à l'Anastasis. Arrivé là, bien qu'il soit tard, on fait pourtant le lucernaire, puis encore une prière à la Croix et on renvoie le peuple.



Lundi

Ensuite le lendemain, qui est le lundi, on fait comme d'habitude depuis le premier chant du coq jusqu'au matin à l'Anastasis; de même, à la 3e et à la 6e heure, on fait comme pendant tout le carême. A la 9e heure, tout le monde se rassemble à l’église majeure, c'est-à-dire au Martyrium, et là, jusqu'à la première heure de la nuit (7 h. du soir), on dit sans arrêt des hymnes et des antiennes, on fait des lectures appropriées au jour et au lieu, on intercale toujours des prières. Le lucernaire se fait là aussi, quand vient l'heure; ainsi donc il fait nuit quand a lieu le renvoi, au Martyrium. Quand le renvoi a eu lieu, au chant des hymnes on conduit l'évêque à l'Anastasis. Une fois qu'il est entré à l'Anastasis, on dit une hymne, on fait une prière, on bénit les catéchumènes, puis les fidèles, et le renvoi a lieu.



Mardi.

Ensuite, le mardi, de même, tout se fait comme le lundi. La seule chose qu'on ajoute, le mardi, c'est qu'à la nuit, tard, après que le renvoi a eu lieu au Martyrium, qu'on est allé à l'Anastasis et que, de nouveau le renvoi a eu lieu à l'Anastasis, tous à cette heure-là, de nuit, vont à l'église qui est sur le mont de l'Éléona. Quand on est arrivé dans cette église, l'évêque entre dans la grotte, grotte où le Seigneur avait coutume d'instruire ses disciples, il prend le livre des évangiles et, debout, il lit lui-même les paroles du Seigneur qui sont écrites dans l'Évangile selon saint Matthieu, à l'endroit où il dit : «Prenez garde que personne ne vous séduise'.» Et tout le discours, l'évêque le lit en entier. Et quand il a tout lu, on fait une prière, on bénit les catéchumènes, puis les fidèles; on fait le renvoi et on revient de la montagne, chacun rentrant chez soi bien tard déjà dans la nuit.



Mercredi.

Ensuite, le mercredi, tout se passe toute la journée, depuis le premier chant du coq, comme le lundi et le mardi, mais quand le renvoi a eu lieu, dans la nuit, au Martyrium, et qu'on a reconduit l'évêque au chant des hymnes à l'Anastasis, aussitôt l'évêque entre dans la grotte qui est dans l'Anastasis, il reste debout derrière les cancels; un prêtre est debout devant les cancels, il prend l'évangile et lit le passage où Judas Iscariote alla trouver les Juifs et fixa ce qu'ils lui donneraient, pour qu'il livre le Seigneur. A la lecture de ce passage, ce sont de tels cris et gémissements de tout le peuple qu'il n'est personne qui ne puisse être touché aux larmes à ce moment. Après quoi, on fait une prière, on bénit les catéchumènes, puis les fidèles, et le renvoi a lieu.



Jeudi.

Ensuite, le jeudi, on fait, depuis le premier chant du coq, comme d'habitude jusqu'au matin à l'Anastasis, et de même à la 3e et à la 6e heure. A la 8e heure (2 h.), comme d'habitude, tout le peuple se rassemble au Martyrium, mais plus tôt que les autres jours, parce qu'il faut que le renvoi ait lieu plus vite. Ainsi donc quand tout le peuple est réuni, on fait ce qui est de règle, on offre ce jour-là l'oblation au Martyrium et le renvoi a lieu à peu près à la 10e heure, au même endroit. Mais avant le renvoi, l'archidiacre élève la voix et dit : «A la première heure de la nuit (7 h. du soir), rassemblons-nous tous à l'église de I'Ëléona, car une grande fatigue nous attend aujourd'hui, cette nuit.» Alors, après le renvoi du Martyrium, on vient derrière la Croix, on y dit une hymne seulement, on fait une prière, l'évêque offre l'oblation et tout le monde communie. Excepté ce seul jour-là, pendant toute l'année, on n'offre jamais le sacrifice derrière la Croix, il n'y a que ce jour-là. Quand là aussi le renvoi a eu lieu, on va à l'Anastasis, on fait une prière, on bénit comme d'habitude les catéchumènes ainsi que les fidèles et le renvoi a lieu. Alors chacun se hâte de retourner dans sa maison pour manger, parce qu'aussitôt qu'on a mangé, tout le monde va à l'Éléona, à l'église où est la grotte dans laquelle ce jour-là, le Seigneur se tint avec les apôtres. Là, jusqu'à la 5e heure de la nuit à peu près, sans arrêt, on dit des hymnes, des antiennes appropriées au jour et au lieu, et de même des lectures, on intercale des prières, on lit aussi les passages de l'évangile contenant les entretiens que le Seigneur eut avec ses disciples ce même jour, assis dans la même grotte qui est dans cette église. De là, à la 6e heure de la nuit à peu près (minuit), on va plus haut, à l'Imbomon, au chant des hymnes, à l'endroit d'où le Seigneur est monté aux cieux. Là, de nouveau, on dit de même des lectures, des hymnes et des antiennes appropriées au jour; toutes les prières aussi qui sont faites et que dit l'évêque, sont toujours appropriées au jour et au lieu. Ainsi donc, quand commence le chant des coqs, on descend de l'Imbomon au chant des hymnes et l'on avance jusqu'à l'endroit où le Seigneur pria, comme il est écrit dans l'évangile: «Et il avança à la distance d'un jet de pierre et pria...» et la suite. A cet endroit il y a une élégante église. L'évêque y entre, et tout le peuple, on dit une prière appropriée au lieu et au jour, on dit aussi une hymne appropriée, on lit le passage de l'évangile où le Seigneur dit à ses disciples : «Veillez pour ne pas entrer en tentation.» On lit là tout le passage en entier, et on fait de nouveau une prière. Et de là, au chant des hymnes, tous, jusqu'au plus petit enfant, descendent à Gethsémani à pied, avec l'évêque; comme il y a là une foule considérable de gens fatigués par les vigiles, épuisés par les jeûnes quotidiens, étant donné qu'on a une si haute montagne à descendre, on vient tout doucement, tout doucement, au chant des hymnes, à Gethsémani. Des flambeaux d'église, plus de deux cents se trouvent là pour éclairer tout le peuple. Quand on est parvenu à Gethsémani, on fait d'abord une prière appropriée, on dit une hymne, puis on lit le passage de l'évangile où l'on arrête le Seigneur. A la lecture de ce passage, ce sont de tels cris et gémissements de tout le peuple en larmes que, presque jusqu'à la ville, les lamentations de tout le peuple se font entendre. Dès lors, on regagne la ville à pied, au chant des hymnes, on parvient à la porte à l'heure où l'on commence à se distinguer à peu près l'un l'autre. Ensuite à l'intérieur de la ville, tous sans aucune exception, grands et petits, riches, pauvres, tout le monde se trouve là, prêt; spécialement ce jour-là, personne ne se retire des vigiles jusqu'au matin. On escorte donc l'évêque de Gethsémani jusqu'à la porte, et ensuite à travers toute la ville jusqu'à la Croix. Quand on est arrivé devant la Croix, il commence maintenant à faire à peu près clair. On lit de nouveau un passage de l'évangile, celui où le Seigneur est amené à Pilate et tout ce que l'Écriture rapporte que Pilate a dit au Seigneur ou aux Juifs, on lit tout cela. Après quoi, l'évêque adresse la parole au peuple, pour encourager les fidèles, ayant peiné toute la nuit et ayant encore à peiner ce jour-là, à ne pas se lasser, mais à mettre leur espoir en Dieu qui les paiera de leur peine par une récompense plus grande encore. Et les encourageant ainsi autant qu'il peut, il leur adresse ces mots : «Allez-vous-en un moment maintenant chacun dans vos demeures, reposez-vous un peu, et vers la seconde heure du jour (8 h.), soyez tous prêts ici, afin que dé cette heure jusqu'à la 6e (midi), vous puissiez voir le saint bois de la croix, chacun de nous croyant que ce sera utile à son salut. A partir de la 6e heure, il faut que de nouveau nous nous réunissions tous ici, à cet endroit, c'est-à-dire devant la Croix, pour nous adonner aux lectures et aux prières jusqu'à la nuit.».



Vendredi.

Après cela, quand le renvoi a eu lieu de la Croix, c'est-à-dire avant le lever du soleil, aussitôt tous, pleins d'ardeur, vont à Sion prier devant la colonne contre laquelle fut flagellé le Seigneur'. Puis ils retournent se reposer un peu chez eux, et bientôt les voilà tous prêts. Alors on place un siège pour l'évêque au Golgotha, derrière la Croix qui se dresse là maintenant, l'évêque s'assoit sur le siège, on place devant lui une table couverte d'une nappe, debout autour de la table sont les diacres, et l'on apporte le coffret d'argent doré dans lequel se trouve le saint bois de la Croix; on l'ouvre, on l'expose et on place sur la table le bois de la croix ainsi que le titre. Quand on les a placés sur la table, l'évêque assis appuie de ses mains sur les extrémités du bois sacré et les diacres qui sont debout autour surveillent. Voici pourquoi on surveille - c'est qu'il est d'usage que, un à un, tout le monde vienne, fidèles aussi bien que catéchumènes, et que, s'inclinant devant la table, ils baisent le bois sacré et passent. Et comme on raconte que, je ne sais quand, quelqu'un y a enfoncé la dent et a volé un morceau du bois sacré, à cause de cela, maintenant, les diacres qui sont debout autour surveillent, de peur que quelqu'un en s'approchant n'ose refaire la même chose. Ainsi donc, tout le monde défile, un à un; on s'incline, on touche d'abord du front, puis des yeux la croix et le titre, puis on baise la croix et on passe, mais personne n'y met la main pour la toucher. Quand on a baisé la croix et qu'on est passé, il y a là un diacre, qui tient l'anneau de Salomon et l'ampoule qui servait à l'onction des rois; on baise l'ampoule et on vénère l'anneau... Jusqu'à la sixième heure, tout le monde défile, entrant par une porte, sortant par l'autre, car cette cérémonie a lieu à l'endroit où la veille, le jeudi, on a fait l'oblation. Cependant quand arrive la sixième heure, on va devant la Croix, qu'il pleuve ou qu'il fasse très chaud: l'endroit est en plein air, c'est une sorte d'atrium très grand et fort beau, qui est entre la Croix et l'Anastasis. Là donc tout le monde se rassemble, de telle sorte qu'on ne peut même plus ouvrir les portes. On place pour l'évêque un siège devant la Croix et de la 6e jusqu'à la 9e heure, on ne fait pas autre chose que de lire des lectures, de la manière suivante: on lit d'abord, dans les psaumes, tous les passages où il est parlé de la passion; on lit ensuite, dans les écrits des apôtres, soit dans les Épîtres, soit dans les Actes, tous les passages où ils ont parlé de la passion du Seigneur, et on lit aussi dans les évangiles les récits de la passion. Ensuite, dans lés prophètes, les passages où ils ont prédit la passion du Seigneur, et, dans les évangiles, ceux où il est parlé de la passion. Ainsi depuis la sixième heure jusqu'à la neuvième, on ne cesse de faire des lectures et de dire des hymnes pour bien montrer à tout le monde que, tout ce que les prophètes ont prédit de la passion du Seigneur, on voit, aussi bien par les évangiles que par les écrits des apôtres, que cela s'est réalisé. Ainsi pendant ces trois heures, on apprend à tout le monde que rien ne s'est produit qui n'ait été annoncé auparavant et que rien n'a été annoncé qui ne se soit entièrement accompli. On intercale toujours des prières, prières qui sont elles aussi appropriées à ce jour. A chaque lecture et à chaque prière, tout le monde est dans un tel état et pousse de tels gémissements que c'est extraordinaire; car il n'y a personne, grand ou petit, qui ce jour-là, pendant ces trois heures, ne se lamente à un point incroyable que le Seigneur ait tant souffert pour nous. Après cela, quand arrive la neuvième heure, on lit alors le passage de l'Évangile selon saint Jean, où le Seigneur rendit l'esprit; après cette lecture, on fait une prière et c'est le renvoi.

Mais dès que le renvoi a eu lieu de devant la Croix, aussitôt tous vont à l'église majeure, au Martyrium, et on fait ce qu'on a l'habitude de faire pendant cette semaine, à partir de la neuvième heure, où l'on se rassemble au Martyrium, jusqu'au soir. Après le renvoi du Martyrium, on va à l'Anastasis. Arrivé là, on lit le passage de l'évangile où Joseph demande à Pilate le corps du Seigneur et le place dans un sépulcre neuf. Après cette lecture, on fait une prière, on bénit les catéchumènes, et c'est le renvoi. Ce jour là, on ne proclame pas qu'il faut continuer la vigile à l'Anastasis, car on sait que tout le monde est fatigué, mais c'est l'habitude pourtant qu'on y continue la vigile. Parmi les fidèles, ceux qui le veulent, où plutôt ceux qui le peuvent, veillent, mais ceux qui ne le peuvent pas ne veillent pas là jusqu'au matin; les clercs veillent, c'est-à-dire ceux qui sont les plus forts ou les plus jeunes; et toute la nuit, on dit des hymnes et des antiennes jusqu'au matin. Il y a une foule immense à veiller, les uns depuis le soir, les autres à partir du milieu de la nuit, chacun selon ses forces.



Samedi.

Le lendemain samedi, on fait, comme d'habitude à la troisième puis à la sixième heure, mais à la neuvième, on ne fait plus l'office du samedi; mais on se prépare aux vigiles pascales à l'église majeure, au Martyrium. Les vigiles pascales se font comme chez nous; il n'y a qu'une seule chose qui se fait en plus ici, c'est que les néophytes, une fois baptisés et vêtus de blanc, quand ils sont sortis des fonts, sont conduits, en même temps que l'évêque, d'abord à l'Anastasis. L'évêque entre derrière les cancels de l'Anastasis, on dit une hymne, puis l'évêque fait une prière pour eux, et il vient avec eux à l'église majeure où, comme d'habitude, tout le peuple célèbre les vigiles. Là on fait ce qu'on a l'habitude de faire aussi chez nous et après l'oblation, à lieu le renvoi. Et, après le renvoi des vigiles dans l'église majeure, aussitôt, au chant des hymnes, on vient à l'Anastasis et là, on relit le passage de l'évangile sur la résurrection, on fait une prière et l'évêque refait là l'oblation; mais tout se fait rapidement, à cause du peuple, pour ne pas trop le retarder, et alors on renvoie le peuple. L'heure à laquelle a lieu le renvoi des vigiles ce jour-là est la même que chez nous.



Pâques

Les fêtes de Pâques sont célébrées tard, comme chez nous, et les offices ont lieu régulièrement, pendant les huit jours après Pâques, comme ils ont lieu partout, au temps de Pâques jusqu'à l'octave. La décoration et l'ornementation sont les mêmes ici pour les huit jours après Pâques que pour l'Épiphanie, aussi bien dans l'église majeure qu'à l'Anastasis, à la Croix et à l'Éléona, et aussi à Bethléem et également au Lazarium et partout, pour célébrer les fêtes de Pâques. On va en procession le premier jour, le dimanche, à l'église majeure, c'est-à-dire au Martyrium, et de même le lundi et le mardi, mais toutefois, toujours, après le renvoi du Martyrium, on vient à l'Anastasis au chant des hymnes. Le mercredi, on va en procession à l'Éléona, le jeudi à l'Anastasis, le vendredi à Sion, le samedi devant la Croix, et le dimanche, qui est l'octave, on va de nouveau à l'église majeure, c'est-à-dire au Martyrium. Pendant cette octave de Pâques, tous les jours, après le déjeuner, l'évêque avec tout le clergé et tous les néophytes, c'est-à-dire ceux qui ont été baptisés, tous les apotactites, hommes et femmes, et aussi tous ceux des fidèles qui le veulent montent à l'Éléona. On dit des hymnes, on fait des prières tant à l'église de l'Éléona, dans laquelle se trouve la grotte où Jésus instruisait ses disciples, qu'à l'Imbomon, c'est-à-dire à l'endroit d'où le Seigneur monta aux cieux. Et quand on a dit les psaumes et fait la prière, on descend de là jusqu'à l'Anastasis, au chant des hymnes, à l'heure du lucernaire; on fait cela pendant toute l'octave.

Mais le dimanche de Pâques, après le renvoi du lucernaire, c'est-à-dire de l'Anastasis, tout le peuple conduit l'évêque au chant des hymnes à Sion. Arrivé là, on dit des hymnes appropriées au jour et au lieu, on fait une prière et on lit le passage de l'évangile où le même jour, le Seigneur, dans le même lieu où est maintenant l'église de Sion, les portes étant fermées, entra au milieu des disciples; c'était quand un des disciples n'y était pas, Thomas, et il revint et les autres apôtres lui disant qu'ils avaient vu le Seigneur, il dit : «Je ne crois pas, à moins de voir.» Après cette lecture, on fait de nouveau une prière, on bénit les catéchumènes, puis les fidèles, et chacun rentre chez soi, tard, à peu près à la seconde heure de la nuit.



L'octave.

Puis à l'octave de Pâques, le dimanche, aussitôt après l'office de la sixième heure, tout le peuple monte avec l'évêque à l'Éléona; c'est d'abord à l'église qui est là qu'on s'arrête quelque temps, on dit des hymnes, on dit des antiennes appropriées au jour et au lieu, on fait des prières également appropriées au jour et au lieu. Puis de là, au chant des hymnes, on va à l'Imbomon, en haut, et on fait de même ici ce qu'on avait fait là-bas. Et quand vient l'heure, tout le peuple et tous les apotactites escortent l'évêque au chant des hymnes jusqu'à l'Anastasis. L'heure à laquelle on parvient à l'Anastasis est l'heure habituelle du lucernaire. On fait donc le lucernaire à l'Anastasis ainsi qu'à la Croix, puis tout le peuple sans exception, au chant des hymnes, conduit l'évêque jusqu'à Sion. Arrivé là, on dit de même des hymnes appropriées au jour et au lieu, on lit encore le passage de l'évangile où, à l'octave de Pâques, le Seigneur entra dans le lieu où étaient les disciples et reprocha à Thomas d'avoir été incrédule. On lit alors tout le passage en entier, après quoi on fait une prière, et les catéchumènes ayant été bénis ainsi que les fidèles, comme d'habitude, on revient chacun chez soi, comme le dimanche de Pâques, à la seconde heure de la nuit.




 

© Text prepared by John Abela ofm based on articles and research by Virgilio Corbo ofm, Michele Piccirillo ofm and Eugenio Alliata ofm
Hi-Res pictures prepared by Michael Olteanu - Other pictures prepared by John Abela ofm and Michael Olteanu
B&W pictures courtesy of SBF-Jerusalem Archives - A joint project betweeen the Franciscans and Christusrex

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Created / Updated Wednesday, December 26, 2001 at 20:31:21 by John Abela ofm
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