franciscan cyberspot
La Liturgie de Jérusalem selon Egérie (IV cent.)
(especiallement dans la Semaine Sainte)

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L'ANNÉE LITURGIQUE

L'Épiphanie

...«Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur», et ce qui suit. Et comme, à cause des moines qui vont à pied, on est obligé d'aller tôut doucement, alors, on arrive à Jérusalem à l'heure où l'on commence à pouvoir se distinguer l'un l'autre, c'est-à-dire presque au jour, mais pourtant avant qu'il fasse jour. Quand on y est arrivé, aussitôt l'évêque entre à l'Anastasis et tout le monde avec lui; des lumières éclairent extraordinairement. On dit un psaume, on fait une prière, l'évêque bénit d'abord les catéchumènes, puis les fidèles. L'évêque se retire, on s'en va, chacun à son logis, pour se reposer. Mais les moines restent là jusqu'au jour et disent des hymnes. Lorsque le peuple s'est reposé, au début de la seconde heure (8 h.), tout le monde se rassemble à l'église majeure, qui est au Golgotha. Ce qu'est la décoration de l'église ce jour-là, soit à l'Anastasis, soit à la Croix, soit à Bethléem, ce serait superflu de vous le décrire. On n'y voit pas autre chose que de l'or, des pierres précieuses et de la soie; vous voyez des tentures, elles sont tout en soie brochée d'or; vous voyez des rideaux, ils sont de même tout en soie brochée d'or. Les objets du culte, de toute espèce, qu'on sort ce jour-là, sont d'or incrusté de pierres précieuses. Quant au nombre et au poids des falots de cires, des candélabres, des lampes, des différents objets du culte, comment pourrait-on l'évaluer et le noter ? Et que dire de la décoration des édifices que Constantin, sous la surveillance de sa mère, employant toutes les ressources de son empire, a ornés d'or, de mosaïque, de marbres précieux, tant à l'église majeure, qu'à l'Anastasis, à la Croix, aux autres lieux saints de Jérusalem? Mais pour en revenir à notre sujet, on célèbre donc, le premier jour de la fête, la messe à l'église majeure, qui est au Golgotha. Et qu'on prêche, qu'on fasse des lectures, ou qu'on dise des hymnes, tout est approprié à ce jour; puis ensuite, quand le renvoi de l'église a eu lieu, on va au chant des hymnes à l'Anastasis, comme d'habitude : le renvoi a lieu alors à peu près à la sixième heure (midi). Ce jour-là on fait de même, au lucernaire, ce qu'on a l'habitude de faire tous les jours.



L'octave

Le lendemain, on se rend de même à l'église du Golgotha; de même encore le surlendemain; pendant trois jours donc, toute cette pompe se déploie à l'église qu'a fait bâtir Constantin, jusqu'à la sixième heure. Le quatrième jour, à l'Éléona, c'est-à-dire à l'église qui est sur le mont des Oliviers, une bien belle église, c'est tout à fait la même décoration et le même déploiement; le cinquième jour, c'est au Lazarium, qui est à peu près à quinze cents pas de Jérusalem, le sixième jour à Sion, le septième à l'Anastasis, le huitième à la Croix. Ainsi donc, pendant l'octave, toute cette pompe et cette décoration se déploient dans tous les lieux saints que je viens de nommer. A Bethléem, pendant toute cette octave, tous les jours, c'est la même décoration et la même pompe, déployée par les prêtres, par tout le clergé de l'endroit et par les moines qui y sont attachés . Car à partir de l'heure où tous, la nuit, reviennent à Jérusalem avec l'évêque, alors les moines de l'endroit, au complet, continuent à veiller jusqu'au jour dans l'église de Bethléem, en disant des hymnes et des antiennes; quant à l'évêque, il faut que, ces jours-là, il se tienne toujours à Jérusalem. A cause de la solennité et de la pompe de ce jour, des foules innombrables se rassemblent de partout à Jérusalem, non seulement des moines, mais aussi des laïques, hommes et femmes.



La Présentation

Le quarantième jour après l'Épiphanie se célèbre vraiment ici avec une très grande solennité. Ce jour là, il y a une procession à l'Anastasis, tout le monde la suit, et tout se passe dans l'ordre habituel, avec une grande pompe, comme pour Pâques. Il y a aussi des prédications de tous les prêtres ainsi que de l'évêque, commentant toujours le passage de l'évangile où il est dit que le quarantième jour, Joseph et Marie portèrent le Seigneur au temple et que Siméon et la prophétesse Anne, fille de Phanuel, le virent, et les paroles qu'ils dirent en voyant le Seigneur, et l'offrande que firent les parents. Après quoi, quand on a achevé régulièrement toutes les cérémonies habituelles, on célèbre les mystères, et alors a lieu le renvoi.



Le carême

Quand viennent les fêtes de Pâques, voici comment on les célèbre. Tandis que, chez nous, ce sont les quarante jours avant Pâques qu'on observe, ici ce sont les huit semaînes avant Pâques. Si on observe huit semaines, c'est parce que les dimanches et le samedi, on ne jeûne pas, excepté un seul samedi, celui des vigiles de Pâques où l'on doit jeûner; en dehors de ce jour-là, on ne jeûne absolument jamais ici, de toute l'année, le samedi. Ainsi donc, de huit semaines ôtés huit dimanches et sept samedis, parce qu'il faut jeûner un samedi, comme je viens de le dire, restent quarante et un jours de jeûne, qu'on appelle ici eortae (les fêtes), autrement dit le Carêmes.
Les offices.

Chacun des jours de chacune de ces semaines voici ce qui se passe: le dimanche, au premier chant du coq, l'évêque lit à l'intérieur de l'Anastasis le passage de l'évangile relatif à la résurrection du Seigneur, comme on le fait toute l'année, le dimanche; et de même jusqu'au jour, on fait à l'Anastasis et à la Croix ce qu'on fait toute l'année, le dimanche. Après quoi, le matin, comme toujours le dimanche, on va en procession et on fait ce qu'on a l'habitude de faire, le dimanche, à l'église majeure appelée le Martyrium, qui est au Golgotha, derrière la Croix. De même quand le renvoi de l'église a eu lieu, on se rend à l'Anastasis, au chant des hymnes, comme toujours le dimanche. Avec ces cérémonies, on atteint la cinquième heure (11 h.). Le lucernaire se fait aussi à l'heure habituelle, comme toujours à l'Anastasis et à la Croix, et comme à chacun des lieux saints; le dimanche, on ne célèbre pas l'office de none. Le lundi' aussi (2e férie), dès le premier chant du coq, on va à l'Anastasis comme toute l'année, et on fait jusqu'au matin comme toujours. De nouveau, à la 3e heure, on va à l'Anastasis et on y fait ce que toute l'année on fait d'ordinaire à la 6e heure, car les jours de carême, on ajoute cet office, à la 3e heure (Tierce). Ensuite, à la 6e heure, à la 9e heure, au lucernaire, on fait ce qu'on a l'habitude de faire toute l'année, toujours, dans ces lieux saints.

De même, le mardi (3e férie), tout se passe comme le lundi (2e férie). Le mercredi (4e férie), de même, on va de nuit à l'Anastasis et on fait comme toujours jusqu'au matin, et de même à la 3e heure et à la 6e; à la 9e heure, comme on a l'habitude toujours, toute l'année, le mercredi et le vendredi (4e et 6e féries), de se rendre à la 9e heure à Sion et comme, en ces lieux, excepté si des fêtes de martyrs tombent ces jours-là, toujours le mercredi et le vendredi sont j ours de jeûne même pour les catéchumènes, à la 9e heure donc, on se rend à Sion. Si par hasard, pendant le carême, des fêtes de martyrs tombent le mercredi ou le vendredi, on ne se rend pas à la 9e heure à Sion. En temps de carême, comme je viens de le dire, le mercredi, à la 9e heure, on se rend à Sion, comme c'est l'habitude pendant toute l'année, et on fait tout ce qu'on a l'habitude de faire à la 9e heure, sauf l'oblation; car pour que le peuple soit toujours instruit de la loi, l'évêque et un prêtre prêchent assidûment. Lorsque le renvoi a eu lieu, au chant des hymnes le peuple reconduit l'évêque jusqu'à l'Anastasis; le temps de venir, quand on entre dans l'Anastasis, c'est déjà l'heure du lucernaire; on dit des hymnes et des antiennes, on fait des prières, puis c'est le renvoi du lucernaire à l'Anastasis et à la Croix. Le renvoi du lucernaire, en ces jours de carême, a toujours lieu plus tard que pendant toute l'année.

Le jeudi (5e férie), tout se passe comme le lundi et le mardi. Le vendredi (6e férie), tout se passe comme le mercredi : de même, à la 9e heure, on se rend à Sion; de même, au chant des hymnes, on reconduit l'évêque jusqu'à l'Anastasis. Mais le vendredi, les vigiles se célèbrent à l'Anastasis, à partir de l'heure à laquelle on est venu de Sion au chant des hymnes, jusqu'au matin, c'est-à-dire depuis l'heure du lucernaire jusqu'à ce qu'on ait atteint le lendemain matin, qui est le samedi. On fait l'oblation à l'Anastasis de très bonne heure, de manière que le renvoi ait lieu avant le lever du soleil. Toute la nuit, on dit tour à tour des psaumes avec répons, des antiennes, des lectures diverses et tout cela se prolonge jusqu'au matin, La messe 1 qui a lieu le samedi, à l'Anastasis, a lieu avant le lever du soleil - je parle de l'oblation - en sorte que, à l'heure où le soleil commence sa course, la messe a eu lieu à l'Anastasis. Voilà donc comment se célèbrent les offices, chaque semaine de carême.


Le jeûne

Ce que je viens de dire, que la messe a lieu de très bonne heure le samedi, avant le lever du soleil, c'est pour permettre de rompre plus vite le jeûne à ceux qu'on appelle ici des hebdomadiers. Car c'est la coutume des jeûnes ici, pendant le carême, que ceux qu'on appelle hebdomadiers, autrement dit qui font des semaines de jeûne, mangent le dimanche quand la messe a eu lieu, à la 5e heure. Et quand ils ont déjeuné le dimanche, ils ne mangent plus que le samedi matin après avoir communié à l'Anastasis. C'est à cause d'eux, pour qu'ils rompent plus vite le jeûne, que la messe a lieu avant le lever du soleil à l'Anastasis, le samedi. Ce que je viens de dire, que c'est à cause d'eux que la messe a lieu le matin, ne signifie pas qu'ils soient les seuls à communier, mais tous ceux qui veulent communier ce jour-là à l'Anastasis y communient.

En ce qui concerne les jeûnes, voici quelle est ici l'habitude pendant le carême : certains quand ils ont, mangé, le dimanche, après la messe, à la 5e ou à la 6e heure, ne mangent plus de toute la semairie que le samedi suivant, après le renvoi de l'Anastasis; ce sont ceux qui font des semaines entières. Le samedi, quand ils ont mangé le matin, ils ne mangent plus le soir, mais le lendemain qui est le dimanche, ils déjeunent après le renvoi de l'église, à la 5e heure ou plus tard, et ensuite ils ne mangent plus que le samedi suivant, comme je viens de le dire. En effet, voici quelle est l'habitude de tous ceux qui sont, comme on dit ici, apotactites, hommes et femmes : c'est que, non seulement les jours de carême, mais toute l'année, quand ils mangent, ils ne mangent qu'une fois par jour. S'il y a de ces apotactites qui ne peuvent pas faire des semaines entières de jeûnes, comme nous venons de le dire, pendant tout le carême, ils dînent au milieu de la semaine, le jeudi; celui qui ne peut même pas faire cela, fait des jeûnes de deux jours, pendant tout le carême; enfin ceux qui, même cela, ne le peuvent pas, mangent tous les soirs. Personne n'impose ce qu'on doit faire, mais chacun fait comme il peut ; on n'est pas loué d'avoir fait beaucoup, on n'est pas blâmé d'avoir fait moins. Voilà quelle est l'habitude ici. Quant à leur nourriture, les jours de carême, la voici: ils ne prennent ni pain, pas le moindre morceau, ni huile, ni rien qui vienne des arbres, mais seulement de l'eau et un peu de bouillie de farine... C'est ainsi qu'on fait le carême comme nous l'avons dit.

A la fin de ces semaines..., les vigiles ont lieu à l'Anastasis depuis l'heure du lucernaire, le vendredi, où l'on vient de Sion au chant des psaumes, jusqu'au samedi matin où l'on fait l'oblation à l'Anastasis. De même, la seconde, la troisième, la quatrième, la cinquième et la sixième semaine, on fait la même chose que la première semaine de carême.




 

© Text prepared by John Abela ofm based on articles and research by Virgilio Corbo ofm, Michele Piccirillo ofm and Eugenio Alliata ofm
Hi-Res pictures prepared by Michael Olteanu - Other pictures prepared by John Abela ofm and Michael Olteanu
B&W pictures courtesy of SBF-Jerusalem Archives - A joint project betweeen the Franciscans and Christusrex

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Created / Updated Wednesday, December 26, 2001 at 20:31:21 by John Abela ofm
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